2013-04-02 16.48.50Dans notre société contemporaine, il est peu convenant de venir à une réception à laquelle nous ne sommes pas invités. Nous pouvons donc être étonné du culot de cette femme qui se tape l’incruste au repas qu’offre Simon à Jésus. Mais remercions-là pour son culot: il nous offre un bel enseignement sur la miséricorde de Jésus.

Les trois lectures de ce dimanche, nous permettent de méditer sur la miséricorde de Dieu. Mais ce matin, regardons simplement les trois protagonistes de l’évangile: une femme cataloguée comme pécheresse, le pharisien, prénommé Simon, qui est l’hôte de ce repas et Jésus.

La femme, en pleurs, se teint aux pieds de Jésus qu’elle arrose abondamment de ses larmes et de son parfum. Pécheresse, elle est remplie de douleur en regardant son passé. Cependant, elle n’est pas enfermée sur sa douleur. Elle se tourne vers Jésus, elle se préoccupe de lui. Pleine de confiance en la miséricorde de Jésus, elle fait preuve d’un très grand amour pour lui. En lavant les pieds du Christ de ses larmes, les séchant de ses cheveux et les embrassant, en versant l’huile parfumée qu’elle a apportée, cette femme nous offre un bel exemple de l’amour que nous devrions suivre lorsque nous avons péché. Elle sait se tourner avec confiance vers celui qui peut la relever, lui permettre de repartir. Puissions-nous faire de même à chaque fois que nous tombons sur le chemin.

Simon, le pharisien, face à l’attitude de la femme, pose un regard de jugement et de critique. Il juge et il critique la femme en l’enfermant dans ce qu’elle a pu faire. C’est une pécheresse et il est incapable de voir la beauté du geste de conversion qu’opère celle-ci. Pour lui, cette femme est définitivement catégorisée en pécheresse. Voilà l’attitude orgueilleuse de cet homme: il se considère comme bien plus proche de Dieu.

Cet homme pose aussi un jugement sur Jésus. Heureux de pouvoir confirmer que celui que tout le monde prend pour un prophète ne l’est pas. Pour ce pharisien, Jésus est incapable de savoir qui est la femme qui vient le trouver.

Jésus, face à ces deux personnes, a une attitude remarquable. Avec la parabole du créancier et de ses deux débiteurs, il va opposer la générosité de la femme à l’accueil réservé de Simon. Jésus commence par admirer la générosité de la femme à son égard. Il s’émerveille de l’amour qu’elle peut lui porter. Il souligne délicatement que Simon a été réservé dans son accueil et qu’il n’a pas accomplis les signes et attentions que l’on a habituellement pour un invité. Il s’emploi à essayer d’ouvrir le coeur du pharisien à son besoin de miséricorde.

Jésus s’adresse également à la femme. Et il va dans un premier temps lui parler de pardon, bien avant de lui parler des péchés. Ainsi, cette femme n’est pas seulement pardonnée, elle est aussi reconnue. Jésus fait son éloge en mentionnant ce qu’elle fait de bien. Avant d’être une pécheresse, elle est une personne aimée de Dieu.

En bon pédagogue, Jésus fait comprendre à Simon que son modèle doit être l’attitude de la femme. Voilà que Simon qui pensait son attitude juste, qui pensait être un modèle et qui considérait la pécheresse comme une personne méprisable, est invité à imiter la générosité de la femme.

Que retenir? Tout simplement la délicatesse dont fait preuve Jésus. Il nous révèle simplement l’extraordinaire beauté de la miséricorde de Dieu: par son enseignement en parabole mais aussi par son attitude envers les pécheurs. Oui, Jésus accepte d’être appelé «l’ami des pécheurs» (Luc 7,34) car il est venu pour nous sauver. Il est venu, non pas pour nous juger, mais pour «chercher et sauver ce qui était perdu.» (Luc 19,10)

Puissions-nous simplement ouvrir notre coeur, notre vie au Seigneur avec foi, courir auprès de lui pour accueillir sa miséricorde, en reconnaissant humblement nos péchés et entendre, dans le secret de la confession, ces mots: «Tes péchés sont pardonnés.» (Luc 7,48) «Ta foi t’a sauvée. Va en paix.» (Luc 7,50). Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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