Voir, marcher, offrir

Debout ! Lève-toi ! et marche ! Voilà l’appel qu’adresse le prophète Isaïe au peuple de Jérusalem. Ce dernier vit dans une atmosphère morose, triste. L’avenir semble bouché. Peut-on espérer dans un monde où l’humeur général est à la morosité, à la déprime ? C’est dans cette ambiance que s’élève le cri d’Isaïe : « Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. » (Isaïe 60,1) C’est avec la même force, le même enthousiasme que ce cri retenti pour nous aujourd’hui… mais comment entrer dans une telle espérance ? Comment entrer dans la joie de cet appel de Dieu ? Regardons et imitons les mages ! Avec eux, il s’agit de voir, marcher et offrir.

Fête de la Sainte Famille

Aujourd’hui, nous célébrons la fête de la Sainte Famille. Dans l’évangile de ce dimanche, nous la voyons, quarante jours après la naissance de Jésus. Elle monte au Temple de Jérusalem pour accomplir la loi de Moïse. Celle-ci prescrit d’offrir son fils premier-né au Seigneur. En accomplissant ce geste, nous voyons toute la foi de Marie et Joseph. L’un et l’autre sont habités par l’amour de Dieu. Cet amour les fait vivre et ils ne cessent d’y ajuster leur vie.

« Un enfant nous est né, un fils nous a été donné! » (Isaïe 9,5)

En cette nuit un cri a retenti : « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : ‘Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince de la Paix’. » (Isaïe 9,5)

Ce matin, avec Marie, Joseph et les bergers, nous contemplons l’Enfant qui est né, couché dans une mangeoire. Cet enfant est le Christ, le Sauveur !

« La grâce de Dieu s’est manifestée… » (Tite 2,11)

En cette nuit de Noël, nuit de gloire, nuit de joie, nous célébrons la naissance de Jésus. Nous célébrons la naissance du Christ. Dieu nous fait ce cadeau : il se fait l’un de nous. A tout jamais, Dieu s’attache à notre humanité. Il est Dieu-avec-nous. Pour le trouver, plus besoin de le chercher dans un ciel lointain, dans un au-delà inaccessible. Pour le trouver, comme les bergers, allons à la crèche.

Nuit de Noël

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière… » (Isaïe 9,1) Et ce peuple qui marche dans les ténèbres est notre humanité : elle marche dans les ténèbres de la violence et de la guerre ; elle marche dans les ténèbres de la lutte pour le pouvoir ; elle marche dans les ténèbres de la souffrance ; elle marche dans les ténèbres de l’indifférence ; elle marche dans les ténèbres de l’ignorance ; elle marche dans les ténèbres du péché ; elle marche dans les ténèbres des addictions en tout genre ; elle marche dans les ténèbres de la mort… Et dans ces ténèbres, une lumière s’est levée : Jésus est né ! « La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » (Tite 2,11).

Homélie pour le jour de Noël

« En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. » (Jean 1,4-5) Alors qu’en cette nuit sainte, nous avons célébrer la naissance de Jésus, de Dieu fait homme, aujourd’hui nous contemplons cette vie qui nous est donnée. Pour cela, allons, à la suite des bergers, nous prosterner devant « le nouveau-né couché dans la mangeoire. » (Luc 2, 16) Nous y trouverons l’enfant entouré de Marie et de Joseph… mais nous y trouverons surtout la vie ! Nous y trouverons la lumière pour notre vie !