Viandes grasses et viandes succulentes, vins capiteux et vins décantés… Je ne sais pas si cela correspond au menu du mariage de Kate et William, ou à celui d’Albert et de Charlene… mais c’est le menu pour le mariage du fils du roi ! Et ces mets sont pour nous puisque nous sommes invités à la noce… à moins que nous préférions décliner l’invitation… ou que nous ne revêtions pas le vêtement de noce.

Comme vous avez pu le remarquer, l’évangile de ce dimanche comporte deux parties. La première avec le roi qui envoie ses serviteurs pour aller chercher les invités de la noce. Les invités ne veulent pas venir trouvant des prétextes pour décliner l’invitation : qui va à son champ, qui va à son commerce… et même certains maltraitent les serviteurs. La deuxième partie concerne l’invité chassé de la noce parce qu’il ne porte pas le vêtement de noce alors que le roi a ouvert son invitation à ceux qui ont été rencontrés sur les chemins.

Bonne nouvelle ! Nous sommes tous invités à participer, à entrer dans le Royaume des Cieux. L’invitation ne concerne pas uniquement ceux qui sont amis avec le roi… et qui prêtent peu d’attention à cet ami… mais elle concerne tous ceux qui se trouvent là, le peuple des béatitudes, « les mauvais comme les bons » nous dit le texte, celles et ceux qui sont en marge de la société, les pécheurs… Et cette invitation, qui que nous soyons, nous appelle à sortir, de façon inattendue, de nos projets, de nos habitudes, de nos champs et de nos commerces pour aller nous réjouir de ce que Dieu veut faire alliance avec l’humanité. Cette alliance est décrite en terme d’amour conjugal. Ce sont des noces ! Dieu s’unit à l’humanité comme l’homme et la femme s’unissent l’un à l’autre dans le sacrement du mariage.

Pour participer à ces noces, il y a une petite, toute petite condition : il faut revêtir de le vêtement de noce. Qu’est-ce que cela veut dire ? Faut-il avoir quelques mérites particuliers ? Non, car cela viendrait contredire la première partie de l’évangile. Revêtir la robe nuptiale, dans le Nouveau Testament, c’est revêtir la robe du baptême. Et revêtir la robe du baptême, c’est revêtir le Christ. Souvenez-vous des paroles que prononce le ministre ordonné au moment de la remise de la robe de baptême : « tu es une création nouvelle dans le Christ : tu as revêtu le Christ ; ce vêtement blanc en est le signe. » (Rituel du baptême des petits enfants).

Par le baptême, nous nous revêtons du Christ. Il nous donne ses vêtements et ces vêtements ne sont pas quelque chose d’extérieur. Nous entrons en communion avec Lui. L’être du Christ et notre être sont intimement lié. Nous pouvons entendre saint Paul aux Galates dire : « Ce n’est plus moi qui vit, mais le Christ qui vit en moi. » (Ga 2,2)

« Le Christ a mis nos vêtements : la douleur et la joie de l’être humain, la faim, la soif, la fatigue, les espérances et les déceptions, la peur de la mort, toutes nos angoisses jusqu’à la mort. Et il nous a donné ses « vêtements » » (Benoit XVI, homélie pour la messe chrismale 2007)

Revêtir les vêtements du Christ, c’est accomplir ce que saint Paul écrit aux Colossiens : « Vous vous êtes dépouillés du vieil homme avec ses agissements et vous avez revêtu le Nouveau, celui qui s’achemine vers la vraie connaissance en se renouvelant à l’image de son Créateur… Vous donc, les élus de Dieu, ses saints et ses bien-aimés, revêtez des sentiments de tendre compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement, si l’un a contre l’autre quelque sujet de plainte ; le Seigneur vous a pardonné, faites de même à votre tour. »

Le baptisé est donc un être humain qui a revêtu le Christ, qui est habillé de sainteté, un vêtement taillé sur mesure par Dieu lui-même. Alors, puissions-nous prendre conscience que chaque matin, il nous faut choisir ce vêtement de noce, ce vêtement de baptême en vivant pleinement dans la foi en Jésus-Christ. Pour cela, il n’y a rien de mieux que d’ouvrir chaque jour la Parole de Dieu et de l’accueillir dans son cœur par la méditation, la réflexion et la prière silencieuse. Ainsi nous accueillerons avec générosité les dons de Dieu et nous garderons les oreilles et les yeux ouverts aux inattendus de l’Esprit, à la nouveauté de l’Evangile, à la joie qui demeure et nous serons heureux de revêtir la tunique de l’Evangile qui n’est que le tablier du service. Amen.

Homélie pour le 28ème dimanche ordinaire – Année A

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