pape-Fra-et-colombeC’est une solution radicale qui peut être un peu choquante que Jésus nous propose: «Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.» (Luc 14,26) Et comme si cela n’était pas suffisant, il ajoute: «Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple.» (Luc 14,27)

Il y a de quoi baisser les bras et de dire: c’est trop dur d’être disciple de Jésus, d’être chrétien. Ces mots prononcés par Jésus ne sont pas une utopie, il les a vécu pour nous. Il nous montre le chemin de la radicalité de l’amour.

Cette radicalité de l’amour ne l’expérimentons-nous pas déjà? L’amour que j’ai pour un tel ou une telle me fait consentir à des sacrifices pour lui prouver mon amour. Aimer, c’est choisir. Cependant ce choix ne veut pas dire que les autres ne comptent pas pour moi. Simplement, la préférence que nous portons à l’être aimé oriente et dicte nos choix.

Ainsi, Jésus, par ces mots, ne nous demande pas de rejeter conjoint, parents, enfants, amis. Il nous demande de mettre un ordre de priorité. Pour celui qui est disciple du Christ, pour le baptisé, le premier choix à faire est: le Christ. Notre premier choix de vie doit être de répondre à l’amour que nous recevons de Dieu. Certains vont y répondre par le choix radical d’une vie totalement consacrée à Dieu par une vocation particulière, d’autres par une vie enracinée sur le sacrement de mariage, etc. Il y a mille et une manières de faire ce choix de l’amour radical pour le Christ. Avant de faire ce choix, il est important de se poser et de discerner à l’exemple de celui qui bâtit tour ou d’un roi qui part en guerre.

Quels sont les moyens dont je dispose pour vivre ce choix radical à la suite du Christ? Qu’est-ce qu’il me faut pour cheminer toute ma vie durant avec le Christ sans me laisser aveugler par des projets de carrière, les biens de consommation, les plaisirs, la course effrénée du gain? De quoi ai-je besoin pour vivre un compagnonnage authentique avec le Christ? La prière, la vie sacramentelle, la Parole de Dieu, le partage avec les autres… Afin de vivre ce compagnonnage avec le Christ sans me désespérer, il est important d’exprimer ces besoins aux autres chrétiens et aux responsables de la pastorale pour que nous puissions les vivre ensemble. Ce qui m’est nécessaire pour la route ne me vient pas des propres forces mais il est accueil de ce que me donne le Christ lui-même, l’Eglise qui est son corps.

Dans l’évangile de ce dimanche, nous entendons aussi Jésus parler d’une «délégation pour demander la paix» (Luc 14,32) En entendant parler de la paix, comment ne pas entendre l’appel que le pape François a lancé dimanche dernier lors de la prière de l’Angelus: il nous demande de prier pour la paix. Il posait aussi cette question: «Que pouvons-nous faire pour la paix dans le monde ? Comme le disait le Pape Jean XXIII : À tous incombe la tâche de rétablir les rapports de la vie en société sur les bases de la justice et de l’amour.» Quelques instants auparavant, il disait: «De toutes mes forces, je demande aux parties en conflit d’écouter la voix de leur conscience, de ne pas s’enfermer dans leurs propres intérêts, mais de regarder l’autre comme un frère et d’entreprendre courageusement et résolument le chemin de la rencontre et de la négociation, en dépassant les oppositions aveugles.»

Et dans son intervention, le pape François fait cette demande: «Qu’une chaîne d’engagement pour la paix unisse tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté ! C’est une forte et pressante invitation que j’adresse à toute l’Église catholique, mais que j’étends à tous les chrétiens d’autres Confessions, aux hommes et aux femmes de chaque Religion, ainsi qu’à ces frères et sœurs qui ne croient pas: la paix est un bien qui dépasse toute barrière, parce qu’elle est un bien de toute l’humanité.

Je le répète à haute voix: ce n’est pas la culture de l’affrontement, la culture du conflit qui construit la vie collective dans un peuple et entre les peuples, mais celle-ci : la culture de la rencontre, la culture du dialogue : c’est l’unique voie pour la paix.»

Frères et soeurs, puissions-nous nous sentir interpeler par ces mots en faisant tout ce qui est en notre pouvoir pour être acteur de paix là où nos vivons en cherchant avant tout la rencontre et le dialogue. Amen.

Homélie pour le 23e dimanche ordinaire – Année C

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