Pied de vigne

Est-il si riche que cela ce maître de la vigne pour offrir exactement la même somme, une pièce d’argent, à ceux qui ont été embauchés au début de la journée et à ceux qui ont été embauchés en fin de journée? Et même si il est riche, il n’est pas juste: pourquoi ceux qui ont travaillé plus touchent-ils la même somme que les derniers embauchés? Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, cette attitude m’interroge et soulèverait presque une once de jalousie vis à vis des derniers arrivés! Heureusement que le prophète Isaïe nous a rappelé que les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées (Isaïe 55,8). Alors comment comprendre l’attitude du maitre de ce domaine?

Et bien, commençons par relire les contrats de travail! Aux embauchés de la première heure le contrat est « d’une pièce d’argent pour la journée » (Matthieu 20,2). A ceux embauchés à neuf heure, midi ou quinze heures, le contrat est qu’il reçoivent « ce qui est juste » (Matthieu 20,4). Pour les derniers, ceux de dix-sept heure, le contrat est qu’ils aillent à la vigne (Cf. Matthieu 20,7). En prêtant attention aux contrat de travail, nous nous apercevons que personne n’est lésé en recevant une pièce d’argent. Il n’y a aucune injustice. Les ouvriers de la première heure ont bien reçu ce qui était indiqué dans le contrat! Le salaire donné par le maitre aux autres n’est que le fruit de sa générosité.

Vous l’aurez compris, dans cette parabole, le maitre c’est Dieu. C’est donc lui qui donne avec générosité. Il ne dispense pas son amour, ses dons en fonction d’un plan comptable. Dieu ne donne pas en fonction de nos mérites humains… car il y a fort à parier qu’alors nous ne recevions pas grand chose! Dieu offre son amour à chacun avec générosité… que nous soyons jeunes ou vieux, que nous ayons déjà découvert cet amour de Dieu ou que nous ayons encore à en faire l’expérience. Dieu nous offre sa vie en abondance. Dieu nous donne son amour sans compter.

Demandons au Seigneur cette grâce de redécouvrir la gratuité de son amour qui nous est donné, non pas en fonction de nos mérites, mais par la pure bonté, la pure générosité de Dieu. Nous n’avons qu’une chose à faire pour cela: nous tenir prêt. Le Seigneur appelle à toute heure de la journée, toute heure de la vie pour travailler à sa vigne… nous n’avons qu’à répondre « oui » à cet appel. Nous sommes tous appelés à prendre une part active dans l’annonce de l’Évangile.

En ce mois de septembre, interrogeons-nous: et moi cette année, qu’elle part active puis-je prendre dans l’annonce de l’Évangile? Que ce soit dans la catéchèse, la liturgie, la préparation au baptême, au mariage, au service des plus pauvres, des plus démunis, des malades, des personnes seules, isolées, un engagement effectif dans la prière pour soutenir l’une ou l’autre mission qui viennent d’être évoquées… oui, le Seigneur appelle, quelle part active vais-je prendre pour l’annonce de l’Évangile?

C’est en prennent ma place dans l’annonce de l’Évangile que « la grandeur du Christ [sera] manifestée dans [nos] corps » (Philippiens 1,20), dans nos vies , comme l’écrit saint Paul. C’est ainsi que nous pourrons dire, à la suite de Paul: « pour moi vivre, c’est le Christ. » (Philippiens 1,21). N’ayons pas peur! Quand nous cherchons à « mener une vie digne de l’Évangile du Christ » (Philippiens 1,27), Dieu nous donne toujours la grâce qui va avec! Apprenons simplement à nous en remettre entièrement à sa miséricorde. Amen.

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