Homélie pour le deuxième dimanche ordinaire - Année B

Une question de vocation

Parole de Dieu:

1 Samuel 3,3b-10.19
Psaume 39
1 Corinthiens 6,13c-15a.17-20
Jean 1,35-42

Lire les textes

Une question de vocation… Les textes de ce dimanche nous parlent tous de vocation. La première lecture nous parle de l’appel particulier de Samuel. L’évangile nous parle des premiers disciples de Jésus que sont André et Pierre. Chacun des textes fait référence à notre vocation commune : celle d’enfant de Dieu reçue par la grâce du baptême.

Cette vocation commune est de suivre le Christ dans la vie quotidienne. Comme André et l’autre disciple, nous sommes invités à suivre le Christ et à demeurer avec lui. La première condition pour être disciple du Christ n’est pas de faire quelque chose pour lui mais d’être avec lui.

Ainsi ce que Dieu nous demande n’est pas un devoir pénible, un travail obligatoire et ennuyeux. Il nous adresse un simple appel à tisser un lien d’amour avec lui. Il nous invite à demeurer avec lui. En répondant à cette invitation, je découvre quelque chose de plus fort encore : Dieu demeure en moi et il m’aime. Quoi qu’il arrive, Dieu demeure en moi. Il reste en moi. Il m’aime.

Voilà ce que l’apôtre Paul écrit aux Corinthiens. Il leurs redit que Dieu est en eux. Il vit en eux. « Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu » (1 Corinthiens 6,19) C’est pourquoi je suis invité à respecter mon corps et à ne pas lui faire subir tout et n’importe quoi. Mon corps est un lieu sacré où l’Esprit Saint habite ! Toute vie, de sa conception à la mort doit être respectée : elle est le temple de l’Esprit Saint. Toute vie est sacrée.

La relation d’amour que nous sommes invités à tisser avec le Seigneur est une relation qui prend toutes les dimensions de notre être. Ce n’est pas qu’une dimension intellectuelle. Elle prend toutes les dimensions de notre corps : de la réalité intellectuelle à la réalité sentimentale ; de la réalité nutritive à la réalité sexuelle… C’est ma personne dans son intégralité qui entre dans cette relation amoureuse avec Dieu. C’est toute ma personne qui me permet d’accomplir, d’épanouir ma vocation d’enfant de Dieu.

Comment épanouir cette vocation d’enfant de Dieu ? Les lectures de ce dimanche déclinent cet épanouissement par trois verbes : appeler, écouter, répondre.

La vocation se produit toujours par un appel. Dans la première lecture, le jeune Samuel entend l’appel de Dieu mais c’est le prêtre Eli qui l’aide à décrypter cet appel. Dans l’évangile, Jean le Baptiste est l’intermédiaire par qui passe l’appel. En désignant l’Agneau de Dieu, il est, pour André et l’autre disciple, celui qui suscite l’appel. André, à son tour, le sera pour son frère Pierre.

Après l’appel vient le temps de l’écoute. C’est ce que fait le jeune Samuel en répondant à Dieu : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. » (1 Samuel 3,10) Cette écoute permet à Samuel d’accueillir l’appel du Seigneur et d’y répondre.

Nous avons quelque chose de similaire dans l’évangile. André et l’autre disciple ont écouté l’appel de Jean le Baptiste. Ils ont été ses disciples. Ils ont accueilli son témoignage, son enseignement. Ainsi, quand Jean le Baptiste désigne l’Agneau de Dieu, ils sont capables de répondre et se mettant en route à la suite du Christ.

Le troisième temps de la vocation est donc la réponse. La question que Jésus pose aux deux disciples du Baptiste « Que cherchez vous ? » (Jean 1,38) n’est pas une question de curiosité de la part de Jésus. Cette question veut provoquer une réponse qui permet aux disciples de prendre conscience de leur propre recherche. Jésus les oblige à s’interroger sur les motifs de leur propre recherche. Que recherchent-ils ? Dieu ou eux-mêmes ? A leur réponse : « Maitre, où demeures-tu ? » (Jean 1,38), Jésus peut leur répondre « Venez, et vous verrez » (Jean 1,39) et ainsi provoquer une réponse libre de la part d’André et de son comparse : « Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait et ils restèrent avec lui… » (Jean 1,39)

Ces textes viennent nous rappeler le sens même de la vocation. Celle-ci n’est pas une place à prendre, un poste à occuper. La vocation, c’est découvrir que je suis aimé de Dieu et choisi par lui gratuitement sans aucun mérite de ma part. La vocation, c’est découvrir que l’Amour me précède et qu’il m’est offert. La seule action que j’ai à faire est d’entendre cet appel à être aimé et d’y répondre. La réponse prendra de multiples formes : par le sacrement du mariage, en devenant prêtre, diacre, consacré… Cette réponse sera un appel pour que d’autres écoutent et répondent à leur tour.

 

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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