Homélie pour la solennité du Christ Roi de l'année A

Homélie pour la fête de la Sainte Cécile

Parole de Dieu de ce dimanche:

Ézéchiel 34,11-12.15-17
Psaume 23(22)
1 Corinthiens 15,20-26.28
Matthieu 25,31-46

Lire les textes

Chers amis musiciens, c’est une joie de vous accueillir pour fêter ensemble la sainte Cécile, patronne des musiciens. Fêter un saint, c’est regarder comment celui-ci a mis en musique l’Evangile à travers sa vie.

De sainte Cécile, nous ne savons que peu de choses. Elle appartenait à une riche famille romaine. Elle devient chrétienne et partage ses biens pour que l’Église puisse accomplir sa mission. Elle meurt martyre vers l’an 230. Elle ne cessait de chanter dans son cœur la gloire de Dieu !

A la suite de Cécile, et de tous les saints, nous pouvons nous interroger : comment pouvons-nous mettre en musique l’Évangile dans notre vie ? Comment interpréter et jouer cette partition ?

L’évangile qui vient d’être proclamé nous donne la clef d’interprétation. Le but de notre vie est de recevoir « en héritage le Royaume préparé pour nous depuis la fondation du monde » (Matthieu 25,34) ou quand « Dieu sera tout en tous » (1 Corinthiens 15,28). Pour cela, il faut que nous fassions parti des « bénis du Père » (Matthieu 25,34). Il faut que nous soyons de celles et ceux dont le Père peut dire du bien. Il faut être de celles et ceux qui font la joie de Dieu.

Comment cela ? Rien de plus facile, Jésus lui-même nous donne la solution : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Matthieu 25,40). Ces frères plus petits, aimés de Dieu, sont l’affamé et le malade, l’étranger et le prisonnier, le pauvre et l’abandonné, celui qui souffre sans aide et celui qui est dans le besoin et exclu.

Dans ces frères les plus petits, dans les pauvres, Jésus vient frapper à la porte de notre cœur. C’est lui qui nous demande de l’amour. Lorsque qu’au nom de Jésus nous vainquons l’indifférence et que nous nous dépensons pour les plus petits, nous mettons en musique la partition de l’Évangile. Nous jouons alors la symphonie de l’Amour, le véritable hymne à la joie. Cette joie qui est don de Dieu.

Comme le disait le pape François dans son homélie de dimanche dernier : « si aux yeux du monde, [les pauvres] ont peu de valeur, ce sont eux qui nous ouvrent le chemin du ciel, ils sont nos “passeports pour le paradis”. Pour nous c’est un devoir évangélique de prendre soin d’eux, qui sont notre véritable richesse, et de le faire non seulement en donnant du pain, mais aussi en rompant avec eux le pain de la Parole, dont ils sont les destinataires les plus naturels. Aimer le pauvre signifie lutter contre toutes les pauvretés, spirituelles et matérielles. » (Pape François, Homélie pour la 1ère journée mondiale des pauvres, le 19/11/2017)

Afin que cette symphonie de l’Évangile ne reste pas une symphonie inachevée, à la suite de tous les saints, notre inspiration doit trouver sa racine en rompant ensemble le pain de la Parole. C’est dans la célébration de l’Eucharistie que la symphonie de l’Évangile trouve son rythme, trouve son souffle, trouve l’amplitude de son mouvement. C’est dans l’Eucharistie que le musicien de l’Évangile trouve son inspiration et apprend à déchiffrer la partition, qu’il apprend à jouer en rythme avec les autres. Il n’y a pas d’harmonie possible si le véritable chef n’est pas le Christ Jésus lui-même. Il n’y a pas d’harmonie possible si nous ne nous mettons pas à l’école de Celui qui a écrit la partition et qui ne cesse de nous donner son Esprit Saint pour l’interpréter le plus justement possible.

Alors laissons le pape François nous interroger : « “Qu’est-ce qui compte pour moi dans la vie, où est-ce que je m’engage ?” Dans la richesse qui passe, dont le monde n’est jamais rassasié, ou dans la richesse de Dieu, qui donne la vie éternelle ? Ce choix est devant nous : vivre pour avoir sur terre ou donner pour gagner le ciel. Parce que pour le ciel, ne vaut pas ce que l’on a, mais ce que l’on donne, et celui qui amasse des trésors pour lui-même ne s’enrichit pas auprès de Dieu (cf. Lc 12, 21). Alors ne cherchons pas le superflu pour nous, mais le bien pour les autres, et rien de précieux ne nous manquera. Que le Seigneur, qui a compassion pour nos pauvretés et nous revêt de ses talents, nous donne la sagesse de chercher ce qui compte et le courage d’aimer, non en paroles mais avec des faits. » (Ibid.)

Et que le Seigneur nous donne, à la suite de sainte Cécile et de tous les autres, la partition de l’Évangile et d’entendre au soir de notre vie : « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. » (Matthieu 25,34). Amen.

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