A travers la fête de Noël et de l’Épiphanie, il nous est donné de contempler le mystère de l’Amour de Dieu pour l’homme : Dieu se fait homme pour que l’homme puisse l’approcher et le contempler sans crainte… qu’il soit berger ou mage, qu’il soit pauvre ou riche, qu’il soit petit ou grand… Dieu manifeste ainsi son amour à l’humanité toute entière.

Aujourd’hui, nous célébrons le baptême de Notre Seigneur Jésus Christ, le baptême de celui que nous avons contempler dans l’enfant de la crèche. Au seuil de sa vie publique, Jésus répond à l’appel de Jean le Baptiste qui invite à un baptême de conversion. Jésus vient habiter et nous accompagner dans les conversions les plus profondes que nous avons à vivre pour nous ajuster à Dieu lui-même. Et par ce geste fort, le Père nous confirme que Jésus est son Fils bien-aimé en qui il a mis tout son amour.

Le baptême de Jésus est la première manifestation publique, le premier dévoilement aux yeux de tous de ce qu’il est réellement. Cette fête du baptême de Jésus qui clôt le temps liturgique de Noël et ouvre le temps liturgique dit « ordinaire », nous invite à entrer dans le temps de l’espérance, de l’accueil des merveilles que le Seigneur réalise dans nos vies et de ce qu’il nous appelle à vivre chaque jour.

Le Christ va maintenant parcourir les routes de Galilée et de Palestine pour annoncer le Royaume de Dieu par ses miracles et les guérisons qu’il opère, par son enseignement… à nous de l’accueillir comme Bonne Nouvelle et de découvrir que, par là, le Christ accomplit les promesses de notre baptême : nous faire entrer dans la vie éternelle, la vie même de Dieu.

Oui, au jour de notre baptême, aujourd’hui même pour toi Nathan, Dieu prononce au plus profond de notre cœur ces mêmes paroles : « Tu es mon fils bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour. ».

Le Père dépose au plus profond de moi-même le cadeau de sa grâce, il me marque du sceau de son amour. Depuis le jour de mon baptême, j’appartiens à Dieu, je lui suis consacré. Je suis le temple où il réside, où la Sainte Trinité, Dieu, Père Fils et Saint Esprit, vit son admirable échange d’amour. Voilà la source qui coule au plus profond de mon cœur, au plus profond de mon être. Voilà ce pourquoi, il me faut rendre grâce chaque jour.

A l’heure où les scientifiques scrutent l’univers avec l’espoir d’y trouver une trace de la présence de l’eau, à l’heure où l’humanité se préoccupe des réserves d’eau sur notre bonne vieille terre, à l’heure où nous scrutons le niveau d’eau des rivières craignant de nouvelles inondations, à l’heure où l’on espère avoir assez d’eau de pluie pour féconder la terre ensemencée, Dieu va ouvrir pour toi Nathan, comme il l’a déjà pour chacun des chrétiens qui t’entourent aujourd’hui, la source de l’eau de la Vie éternelle, de la vie d’enfant de Dieu.

Et toi, qui entoure Nathan aujourd’hui, toi qui as déjà reçu l’eau du baptême, as-tu guetté ce qu’elle fait couler en toi ? Noyées dans biens des préoccupations, les eaux du baptême risquent de se perdre dans les sables de l’enfance ou de délaver tout couleur d’origine de la foi. N’aie pas peur, reviens à la source, écoute le murmure de l’Évangile… écoute les mots que Dieu murmure à l’oreille de ton cœur : « Tu es mon enfant bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour ». Oui, Dieu ne cesse de murmurer ces mots à ton cœur, comme un baiser d’amour qu’il ne cesse de t’offrir… à toi de l’accueillir, de recevoir ce doux baiser fait à ton cœur, à toi de te laisser toucher, transformer, aimer par ce souffle que Dieu te donne.

L’important n’est pas d’avoir été baptisé. L’important est de vivre en baptisé c’est-à-dire de répondre sans cesse à l’appel de Dieu nous adresse au jour de notre baptême : la sainteté ! Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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