« Voici la nuit… l’immense nuit… et rien n’existe hormis l’amour », « Voici la nuit, l’heureuse nuit… et rien n’existe hormis l’enfant », « Voici la nuit… la sainte nuit… et rien n’existe hormis Jésus ».

Voici la nuit… où « le peuple qui marchait dans les ténèbres à vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi » (Is 9,1). Voici la nuit où Dieu vient nous redire l’amour qu’il nous porte : « un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9,5) Ne craignons pas, soyons dans l’allégresse ! C’est une bonne nouvelle, c’est une grande joie ! « Aujourd’hui, vous est né un Sauveur ! » (Lc 2,11)

En cette nuit où nous avons bravé la météo pour venir jusqu’ici, célébrer Noël, nous ne sommes pas venus célébrer qu’un anniversaire ! Nous ne sommes pas venus célébrer que la naissance du petit Jésus. Nous sommes venus exprimer que cet enfant nouveau-né, « Dieu avec nous », nous souhaitons l’accueillir dans nos vies, le laisser grandir en nous, chaque jour, à chaque instant. Nous sommes venus exprimer au Seigneur notre désir de voir son incarnation prendre corps en nous ; que « la réalité filiale de Jésus s’incarne dans notre humanité, dans mon humanité à moi ». (C de Chergé)

Pour cela, il nous faut adopter l’attitude des bergers : ils veillent, ils sont en vigilance (même si l’évangile ne nous précise pas la couleur de cette vigilance contrairement aux bulletins météo de ces derniers jours !). Oui, nous devons être des personnes vigilantes ! Qu’est-ce que cela veut dire ? « La différence entre celui qui rêve et celui qui est éveillé consiste tout d’abord dans le fait que celui rêve se trouve dans un monde particulier. Avec son moi, il est enfermé dans ce monde du rêve qui, justement, n’est que le sien et ne le relie pas aux autres. Se réveiller signifie sortir de cet état particulier du moi et entrer dans la réalité commune, dans la vérité qui, seule, nous unit tous. Les conflits dans le monde, les difficultés relationnelles proviennent du fait que nous sommes enfermés dans nos propres intérêts et dans nos opinions personnelles, dans notre minuscule monde intérieur. L’égoïsme, celui du groupe comme celui de l’individu, nous tient prisonnier de nos intérêts et de nos désirs, qui s’opposent à la vérité et nous séparent les uns des autres. Réveillez-vous, nous dit l’Évangile. Venez dehors pour entrer dans la grande vérité commune, dans la communion de l’unique Dieu. Se réveiller signifie ainsi développer sa sensibilité pour Dieu, pour les signes silencieux par lesquels il veut nous guider, pour les multiples indices de sa présence. (…) Dans toute âme est présente, de façon cachée ou ouverte, l’attente de Dieu, la capacité de le rencontrer. Pour obtenir cette vigilance, cet éveil à l’essentiel, nous voulons prier, pour nous-mêmes et pour les autres. » (Benoit XVI, homélie pour la nuit de Noël 2009)

Alors, « Homme, éveille-toi : pour toi, Dieu s’est fait homme. Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. Pour toi, je le répète, Dieu s’est fait homme. » (Saint Augustin, sermon pour Noël)

Oui, en cette nuit, heureuse nuit, Dieu c’est fait homme. Et c’est aujourd’hui que cet événement se réalise. C’est aujourd’hui dans ta vie que Dieu vient prendre corps. C’est toi, c’est notre humanité qu’il vient sauver.

Comment comprendre un si grand mystère qui dépasse toute intelligence ? Comment comprendre la force de cet amour de Dieu qui vient se faire tout petit pour que nous puissions, comme nous y invite l’ange, approcher sans crainte ? Simplement en gardant un cœur d’enfant, sans honte, ni crainte d’être de grands enfants. C’est dans ma simplicité et mon humilité d’enfant que Dieu peut faire irruption dans ma vie.

C’est en reconnaissant simplement devant lui, que ma vie n’est pas le grand palace, la belle demeure que j’aimerais tant être… mais que mon cœur n’est qu’une simple crèche avec un peu de paille. Et que c’est cette crèche que je présente avec confiance au Seigneur, c’est là que Marie et Joseph peuvent déposer en toute confiance l’enfant qui vient de naître, l’Emmanuel, « Dieu avec nous », lui Jésus, « Dieu sauve ».

Alors au cœur de la nuit, prenons le temps d’accueillir la Parole d’Amour du Père pour l’humanité ; au cœur de la nuit accueillons l’enfant Jésus en laissons monter vers Dieu notre action de grâce. « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » (Lc 2,14) Amen.

Homélie pour la nuit de Noël
Isaïe 9,1-6; Psaume 95; Tite 2,11-14; Luc 2,1-14

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