Nous voici quarante jours après la naissance de Jésus, quarante jours après Noël. Marie et Joseph accomplissent ce que prescrit la loi : ils viennent au Temple pour consacrer leur fils premier-né au Seigneur. C’est à cette occasion qu’ils rencontrent Syméon et Anne que nous pouvons qualifier de pèlerins d’espérance !
En effet, Syméon et Anne sont deux figures qui nous enseignent à être des témoins de l’espérance. Leur espérance est patiente, active et confiante. Ils attendent la réalisation des promesses de Dieu. Cette attente est marquée par la fidélité à la prière, la vigilance spirituelle et la persévérance. Ces trois attitudes sont des caractéristiques de l’espérance chrétienne.
Syméon est décrit comme un homme juste et pieux qui « attendait la consolation d’Israël » (Luc 2,25). L’Esprit Saint lui avait révélé qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Messie. Lorsque Marie et Joseph amènent l’enfant Jésus au Temple, Syméon le reconnait comme le Sauveur promis. Il prend alors l’enfant dans ses bras et prononce cette prière que l’Église prie encore chaque soir à l’office des complies (le dernier de la journée) :« Maintenant, Seigneur, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix… car mes yeux ont vu ton salut. » (Luc 2,29.30) Syméon nous montre que l’espérance chrétienne n’est pas un optimisme naïf, mais une certitude enracinée dans les promesses divines. Il attend non pas des changements spectaculaires ou immédiats, mais la venue du Salut.
Anne est présentée comme une veuve très âgée (84 ans) qui ne quittait pas le Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Lorsqu’elle voit l’enfant Jésus, elle aussi le reconnaît comme le Messie et se met à louer Dieu, parlant de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Anne nous montre que même dans une vie marquée par la souffrance et l’épreuve, l’espérance peut fleurir. Sa vie d’adoration et de service exprime une foi qui reste tournée vers l’avenir.
Leur témoignage nous invite donc à réfléchir sur notre propre chemin d’espérance.
L’espérance chrétienne ne consiste pas à attendre passivement, mais à agir dans la foi. Nous l’avons entendu : même après de longues années d’attente, Syméon et Anne n’ont pas abandonné leurs engagements religieux et leur quête spirituelle. Fidèlement, ils ont persévéré dans la foi, dans l’amour de Dieu par la prière, la charité et le témoignage. Nous-mêmes, nous sommes appelés à vivre l’espérance dans ces mêmes gestes concrets : la prière, la charité et le témoignage.
Syméon proclame Jésus comme « lumière pour éclairer les nations » (Luc 2,32) Par ces mots, Syméon nous dit que l’espérance du Salut n’est pas qu’un acte individuel, égoïste. L’espérance qui m’habite est aux dimensions du monde. Le Salut est pour tous. L’espérance nous ouvre donc aux besoins du monde et nous invite à en être témoin auprès de tous, et particulièrement auprès des plus démunis.
Quand Syméon dit à Marie que son « âme sera traversée par un glaive » (Luc 2,35), il nous rappelle que l’espérance chrétienne passe aussi par la croix et qu’elle est une vertu qui nous permet de tenir dans les épreuves. Nous sommes invités à offrir nos épreuves et celles du monde à Dieu, dans la certitude qu’il accomplit ses promesses de Salut.
En cette année jubilaire, où le pape François nous invité à être des « pèlerins d’espérance », nous pouvons prendre Syméon et Anne comme compagnons de route pour notre pèlerinage ! Tous les deux nous invitent à faire de ce jubilé une occasion de conversion, de prière et de réconciliation. Dans un monde en crises écologique, sociale, politique, spirituelle… ils nous invitent à construire une Église « en sortie », porteuse d’espérance : Jésus est venu pour toutes les nations. Fort de cette espérance, nous sommes donc invités à promouvoir la fraternité et la paix, en rejetant les divisions et en œuvrant pour l’unité.
A la suite de Syméon et de Anne – qui ont vu leurs attentes comblées par leur rencontre avec Jésus – nous sommes invités à réorienter nos vies vers cette rencontre personnelle avec le Christ. Sur ce chemin, nous sommes conduits par la lumière de Jésus, qui éclaire nos pas et nous invite à devenir, à notre tour, des porteurs de cette lumière pour un monde en quête d’espérance.
Comme Syméon et Anne, soyons des veilleurs de l’espérance. Que le Jubilé 2025 soit pour chacun de nous un véritable pèlerinage intérieur et extérieur. Demandons au Seigneur la grâce de devenir de véritable témoin de la lumière du Christ : dans notre prière, nos actes de charité et notre engagement pour la paix et l’unité. En ce jour où Jésus est présenté au Temple, offrons-lui nos vies, nos personnes : qu’il ravive en nous l’espérance et fasse de nous des porteurs de sa lumière au cœur du monde. Amen.
