Hériter et transmettre

Dans l’Évangile de ce jour, Jésus nous présente une parabole frappante : un homme riche, qui vit dans l’abondance, et un pauvre, Lazare, qui meurt de faim devant sa porte. Ce contraste n’est pas une critique des inégalités économiques. Jésus nous invite à regarder au-delà : il nous met en garde contre l’indifférence. Ce qui est reproché au riche, ce n’est pas d’avoir des biens, mais de ne pas avoir vu son frère dans le besoin, de ne pas avoir ouvert son cœur.

L’indifférence est peut-être le plus grand danger de notre temps. Nous nous habituons si facilement à la souffrance des autres, à la pauvreté, à la solitude… Lazare devient invisible. L’Évangile nous dit pourtant : pour entrer dans la joie de Dieu, il nous faut apprendre à voir, à aimer, à partager.

Ce week-end, cette Parole prend une résonance particulière, car nous fêtons saint Firmin, évêque et fondateur de notre Église diocésaine. Il est venu ici, sur cette terre, non pas pour lui-même, mais pour annoncer le Christ. Comme tout missionnaire, il a choisi de vivre pauvrement, au service de l’Évangile, attentif aux hommes et aux femmes qu’il rencontrait. Par sa vie et son témoignage, il nous rappelle que la vraie richesse n’est pas dans ce que l’on possède, mais dans le Christ que l’on transmet.

En ce jour, nous sommes invités à relire notre histoire. Depuis saint Firmin, combien de générations ont cru, ont prié, ont transmis la foi, souvent au prix de sacrifices ! Nous sommes les héritiers d’un trésor immense : l’Évangile reçu, l’Église bâtie, la communion qui nous unit. Ce patrimoine ne nous est pas confié pour que nous le gardions jalousement, mais pour que nous en vivions et que nous le fassions grandir.

Et aujourd’hui, frères et sœurs, les “Lazare” sont encore à nos portes. Ils ont le visage des pauvres que nous croisons, des familles éprouvées, des jeunes en quête de sens, des personnes seules qui attendent une présence. Comme saint Firmin, nous sommes appelés à oser aller à leur rencontre, à leur donner ce que nous avons reçu : l’Évangile, la proximité, l’espérance.

La fête de saint Firmin n’est donc pas un simple souvenir. Elle est une interpellation pour notre temps. Comme lui, nous voulons être une Église vivante et missionnaire, une Église qui ne craint pas d’ouvrir ses portes et son cœur. C’est ainsi que nous préparerons dès maintenant le Royaume de Dieu, celui où les pauvres sont consolés et où l’amour est la vraie mesure de la vie.

Alors, demandons aujourd’hui au Seigneur, par l’intercession de saint Firmin, de nous donner des yeux pour voir, un cœur pour aimer, et des mains pour partager. Héritière de son témoignage, soyons toujours fidèle à l’Évangile et proche des plus petits. Amen.