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Artisan de paix à l’école de la Vierge Marie

Le 1er janvier, l’Église nous offre un double trésor : la solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu et la Journée mondiale de la paix. Ces deux célébrations s’éclairent mutuellement. Marie, qui a porté le Prince de la Paix, nous enseigne le chemin vers cette paix que le monde ne peut donner.

Quand nous proclamons Marie « Mère de Dieu », (Theotokos en grec) nous touchons au cœur du mystère de l’Incarnation. Ce titre, défini au Concile d’Éphèse en 431, affirme que Marie est Mère de Dieu, parce qu’elle a enfanté, Jésus, le Fils de Dieu fait chair. En elle, le Créateur de l’univers s’est fait petit enfant. Dieu n’a pas choisi de s’imposer par la puissance mais de naître dans la vulnérabilité, dépendant des soins de sa mère.

L’Évangile nous dit que « Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. » (Luc 2,19) Face aux évènements extraordinaires (l’annonce de l’ange, la naissance dans la crèche, la visite des bergers…) Marie ne s’agite pas. Elle garde, elle médite, elle contemple. Dans un monde où tout va vite, on l’on veut tout comprendre immédiatement, Marie nous invite à la patience intérieure, à laisser les évènements mûrir en nous, à faire silence pour que Dieu puisse parler.

Cette attitude contemplative est une force spirituelle profonde qui engendre la paix. Marie nous enseigne une vérité essentielle : la paix naît du silence intérieur.

Pensons à notre monde actuel : le bruit permanent, l’agitation médiatique, les réactions impulsives sur les réseaux sociaux, les jugements hâtifs. Nous réagissons avant d’avoir réfléchi, nous parlons avant d’avoir écouté, nous condamnons avant d’avoir compris. Cette précipitation est source de conflits.

Marie fait le contraire. Elle ne s’affole pas, elle ne se disperse pas. Elle garde, elle médite, elle laisse mûrir. Ce recueillement est déjà une œuvre de paix.

En agissant ainsi Marie pratique une forme de non-violence spirituelle. Elle accepte le mystère, elle fait confiance au temps de Dieu. Combien de conflits naissent de notre refus d’accepter ce qui nous échappe ? Combien de tensions viennent de notre impatience face à l’autre qui ne pense pas comme nous ?

La paix du monde commence par la paix du cœur. Marie, en méditant dans son cœur, purifie son regard, apaise ses inquiétudes, se laisse transformer par la présence de Dieu. C’est de cette paix intérieur qu’elle pourra ensuite accompagner Jésus dans sa mission, rester debout au pied de la croix, et devenir pour l’Église naissante une présence maternelle pacifiante.

En ce début d’année, avant de vouloir changer le monde, commençons par garder et méditer dans notre cœur. Quels évènements de l’année passée avons-nous besoin d’accueillir vraiment ? Quelles paroles blessantes avons-nous besoin de méditer dans la prière plutôt que de les ruminer dans la colère ?

C’est de ce travail intérieur que naîtra notre capacité à être des artisans de paix.

« Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage ! Qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix. » (Nombres 6,24-27) Cette bénédiction du livre des Nombres nous révèle que la paix authentique est d’abord un don de Dieu. Elle n’est pas simplement l’absence de conflit, mais la plénitude qui naît de sa présence.

Marie nous enseigne que la paix commence par ce « oui » qui ouvre notre cœur à l’action de Dieu. Elle a connu l’inquiétude et la souffrance, mais elle a gardé la paix intérieure qui vient de la foi.

Si la paix est un don de Dieu, elle est aussi une tâche humaine. La paix se construit.

Elle se construit dans nos cœurs : en pardonnant, en purifiants nos intentions, comme Marie nous l’a enseigné en gardant et méditant.

Elle se construit dans nos familles : par la patience, l’écoute et la réconciliation quotidienne. La famille est la première école de paix.

Elle se construit dans la société et entre les nations : par la justice, par le dialogue, le refus de la logique de guerre, la recherche du bien commun universel. 

Confions à Marie cette nouvelle année. Demandons-lui la grâce de garder et méditer dans nos cœurs les évènements de notre vie, comme elle l’a fait. Dans le silence de nos cœurs, apprenons à accueillir, à garder, à méditer. C’est de cette intériorité que jaillira notre capacité à construire la paix autour de nous.

Que Marie nous conduise à son Fils, le seul qui puisse nous donner la vraie paix. Et que nous devenions, à notre tour, des porteurs de cette paix dans le monde qui en a tant besoin.

Bonne et sainte année à tous !