Les béatitudes: carte d’identité du chrétien

L’Évangile des béatitudes que nous venons d’entendre est certainement l’un des plus connus. Ces paroles, qui ouvrent le discours de Jésus sur la montagne, continuent d’interroger, d’interpeler… et parfois même de scandaliser ! Ces mots : « Heureux les pauvres, heureux ceux qui pleurent, heureux les persécutés », heurtent notre logique et vont à contresens de ce que le monde nous dit sur le bonheur.

Notre société nous promet un bonheur qui passe par la richesse, le confort, le succès, la reconnaissance. Les publicités, les réseaux sociaux, la culture dominante nous répètent sans cesse : « Sois fort, sois le meilleur, accumule, ne montre aucune faiblesse. » Et voilà que Jésus proclame exactement l’inverse.

Quand Jésus nous dit « heureux », il ne nous parle pas de quelqu’un qui a le ventre plein ou la belle vie. Il désigne plutôt une personne qui est en état de grâce, qui progresse dans la patience, la pauvreté d’esprit, les services aux autres. Les béatitudes sont notre carte d’identité chrétiennes pour reprendre une image du pape François. Elles définissent qui nous sommes vraiment.

Mais les béatitudes ne sont pas seulement un enseignement moral, un code de conduite. Elles brossent le portrait du Christ lui-même. Jésus est le seul véritable bienheureux. C’est lui qui a vraiment une âme de pauvre, qui est l’affligé, le doux, l’assoiffé de justice.

Il est le pauvre car sans lieu où reposer sa tête ; le doux car ne brisant pas le roseau froissé ; l’affamé de justice pour les petits et les exclus ; le miséricordieux envers le pécheur ; le cœur pur tourné entièrement vers le Père ; l’artisan de paix réconciliant l’humanité avec Dieu ; le persécuté jusqu’à la croix.

Nous pourrions passer des heures à méditer sur ces béatitudes. Alors arrêtons-nous simplement sur la première : « Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des cieux est à eux. » (Matthieu 5,3)

Qu’est-ce que la pauvreté de cœur ? Ce n’est pas nécessairement la pauvreté matérielle. C’est reconnaitre qu’on a besoin de Dieu, qu’on ne peut pas tout par soi-même, qu’on n’est pas autosuffisant. C’est l’opposé de l’orgueilleux qui dit : « Je n’ai besoin de personne, je me suffis à moi-même. »

C’est ce que saint Paul nous confirme dans la deuxième lecture : « ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort. » (1 Corinthiens 1,27) Dieu agit à travers notre petitesse, notre fragilité. Il ne nous demande pas d’être des surhommes, mais d’être vrais, humbles, disponibles à sa grâce.

En ce dimanche, laissons les Béatitudes pénétrer notre cœur. Ne les considérons pas comme un idéal inaccessible, mais comme le chemin tracé par Jésus lui-même, celui qu’il a parcouru avant nous.

Quand nous vivons les Béatitudes, nous devenons vraiment nous-mêmes, nous révélons notre véritable identité de fils et de filles de Dieu. Nous découvrons une joie que le monde ne peut ni donner ni enlever.

Alors, cette semaine, choisissons une Béatitudes, une seule, et essayons de la vivre concrètement. Demandons à l’Esprit Saint de nous y aider. Car c’est Lui qui transforme notre cœur et nous rend capables de vivre à la manière de Jésus.

Que Marie, humble servante du Seigneur, parfaite réalisation des Béatitudes, nous accompagne sur ce chemin de bonheur véritable. Amen.


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