Pouvons-nous imaginer la joie de ce lépreux? Voilà un homme atteint d’une terrible maladie qui l’exclue de toute communauté humaine et qui se trouve guéri. Comment pourrait-il taire sa joie? Comment pourrait-il ne pas proclamer la gloire de celui qui lui a rendu une vie sociale?

À la source de cette joie, il y a un acte extraordinaire: un lépreux vient trouver Jésus. En effet, la pureté est, à l’époque, une question primordiale de la vie. Pour approcher de Dieu, pour entrer en relation avec le Dieu trois fois Saint, il faut être pur. C’est ainsi que tous ceux qui étaient considérer comme impurs sont exclus de la communauté. A cette époque, on croit également que le corps est le miroir de l’âme et donc que la maladie est la conséquence du péché. Le malade se trouve donc exclu de la société.

Le lépreux et Jésus transgressent cette loi de l’exclusion. Le lépreux ose aller vers Jésus, dont il a entendu la réputation de sainteté. Et Jésus se laisse approcher par cet homme malade.

Par son geste, le lépreux nous dit quelque chose de l’identité de Jésus. Il tombe à genoux devant lui… or, on ne tombe à genoux que devant Dieu. Et il permet que Jésus se révèle un peu plus comme le Messie en osant lui demander sa guérison. Le Messie devait apporter sur la terre le bonheur universel. N’est-ce pas de ce bonheur que reçoit ce malade en étant guéri? Il se retrouve intégrer au coeur même de la communauté. Il ne sera plus l’exclu.

Cette guérison opérée par Jésus et la joie qu’elle procure au miraculé, nous dit aussi quelque chose de ce beau sacrement de la réconciliation. Ne sommes-nous pas, par ce sacrement, des pécheurs pardonnés, des lépreux guérit de la lèpre du péché? Nous aussi, en reconnaissant humblement notre péché, nous allons aux pieds du Christ, par l’intermédiaire de celui qu’il nous donne comme prêtre, pour lui dire: «Si tu le veux, tu peux me purifier».

A nous aussi est alors donnée, par la parole sacramentelle de l’absolution, la joie d’être guérit, d’être relevé. Comme pour cet homme qui a croisé la route de Jésus, suis-je heureux de crier ma guérison? de témoigner des merveilles que le Seigneur fait pour moi dans ma vie? Proclamer cette joie, témoigner de la miséricorde du Seigneur, c’est aussi de notre mission de baptisé.

Mais n’oublions pas que ce dimanche est aussi la journée mondiale de prière pour les malades et le dimanche de la santé. Cet évangile vient nous interroger sur notre propre attitude face à la maladie et au malade. Est-il celui qui dérange et que je vais exclure de la communauté? Est-il celui qui ne peut plus réussir et que notre société va mettre de côté parce qu’il coûte cher? que sa vie n’a plus de sens? Ou bien est-il celui vers que je vais aller, comme le Christ pour lui dire une parole d’amour? d’accueil du malade, de petit, de celui qui souffre. Est-il l’exclu de ma vie? Où ai-je le soucis d’aller vers lui pour lui apporter de l’attention et de l’amour?

Au coeur de ma maladie, de ma souffrance, vais-je oser aller vers le Christ et lui dire: «Si tu le veux, tu peux me purifier»? Vais-je oser lui faire confiance et le laisser me relever?

Puissions-nous faire de cette prière d’Hubert Renard, notre propre prière:

Seigneur, tu es la lumière et la vie,
mais comment aller vers Toi quand on est en survie ?
Ils sont toujours là ces exclus, ces demi-morts,
ceux dont la route est sans aurore.
Tu veux qu’ils se lèvent, marchent, relèvent la face
mais comment et pour qui veux-tu qu’ils le fassent ?

Il suffit de peu de choses pourtant
pour redonner coeur à ces frères souffrants :
le regard d’un passant, la prévenance d’un soignant.
Du voisin qui, simplement, dit bonjour,
au travailleur social qui recommence jour après jour,
ils sont légion à être reliés par l’amour.
Ils puisent aux sources de la vie,
et, ensemble, cheminent avec tes enfants meurtris.

Seigneur, donne à tous tes serviteurs
d’avancer en frères et soeurs
sur Ta route, vers le bonheur.

Homélie pour le 6ème dimanche ordinaire – Année B

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