La Passion du Christ: amour et humilité

En ce dimanche des Rameaux et de la Passion de Notre Seigneur Jésus Christ, s’ouvre la grande et belle Semaine Sainte. Au début de cette célébration, nous avons fait mémoire de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, acclamé par la foule. Et là, nous venons de lire le récit de la Passion.

Ce contraste saisissant nous place au cœur même du mystère chrétien. En l’espace de quelques jours, nous passons de l’acclamation à la condamnation, des « Hosanna » aux «Crucifie-le ». Ce contraste nous invite à réfléchir sur notre propre vie de foi et sur le mystère du Salut que Dieu nous offre.

Regardons comment Jésus entre à Jérusalem : non pas comme un conquérant chevauchant un fier destrier… mais sur un « petit âne » accomplissant ainsi la prophétie de Zacharie : « Exulte de toute tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux, pauvre et monté sur un âne, un ânon, le petit d’une ânesse. » (Zacharie 9,9) Le Messie que Dieu nous envoie n’est pas celui que la foule attendait – un libérateur politique, un chef puissant. Il vient dans l’humilité, désarmé, porteur d’une royauté qui n’est pas de ce monde.

Ce choix de l’humilité, Jésus le maintient jusqu’au bout. Alors qu’il aurait pu fuir, alors qu’il aurait pu faire appel à « douze légions d’anges » pour le défendre, il choisit librement de rester fidèle à sa mission, par amour pour nous. Même face à la trahison, à l’abandon, à l’injustice et à la souffrance, sa fidélité ne faiblit pas.

La Passion que nous venons d’entendre n’est pas un simple récit de souffrance et d’échec. Elle est le chemin que Jésus a choisi pour nous révéler jusqu’où va l’amour de Dieu. En assumant notre condition humaine jusqu’à la mort, et la mort sur une croix, le Christ transforme la souffrance en acte d’amour et ouvre un chemin vers la Résurrection.

En cette Semaine Sainte, dans les différents offices, nous allons accompagner le Christ pas à pas dans sa Passion. Prenons le temps de méditer sur son chemin de croix, sur ses dernières paroles, sur son don total. Laissons-nous toucher par cet amour qui va jusqu’au bout.

Nos propres souffrances, nos propres croix peuvent trouver un sens nouveau à la lumière de la Passion du Christ. Non que la souffrance soit bonne en elle-même, mais parce que le Christ l’a traversée avant nous et avec nous, elle peut devenir un lieu de rencontre avec Lui, un chemin de transformation intérieure.

Que cette semaine soit, pour chacun de nous et notre paroisse, un temps de grâce où nous pourrons approfondir notre relation avec le Christ, pour pouvoir ensuite célébrer avec une joie renouvelée sa Résurrection le jour de Pâques. Amen.