Pour ceux qui n’auraient pas eu le temps d’écouter leur horoscope ce matin, parce qu’ils se sont peut être livrés à ces activités des ténèbres énoncées par saint Paul dans la seconde lecture (Rm 13,11-14), rassurez-vous, nous allons réparer cet oubli. Voici, spécialement pour vous, aujourd’hui, ce qui nous attends pour l’avenir (ou plus exactement l’à venir).

« Il arrivera dans l’avenir… » (Is 2,2), avons-nous entendu de la part du prophète Isaïe. Les textes de ce jour, nous parlent de l’à venir. Isaïe nous annonce la réalisation de la promesse de Dieu, la réalisation du projet divin.

Quel est ce projet ? C’est un projet de paix : Dieu lui-même en sera « le juge des nations, l’arbitre de la multitude des peuples » (Is 2,4) car Il veut rassembler dans Jérusalem toutes les nations et des peuples nombreux. Notre avenir, et notre joie, est donc d’aller « à la maison du Seigneur ! » comme nous le dit la prière du psalmiste (Psme 121(122)). Cette promesse se réalisera par « l’avènement du Fils de l’homme » (Mt 24,39) quand « le Fils de l’homme viendra » (Mt24,44). La promesse de Dieu se réalisera par le retour du Christ ! C’est Jésus lui-même qui nous parle de sa venue ! Et c’est à cette venue qu’il faut préparer dès aujourd’hui.

Certes, bien souvent, nous pensons que le temps de l’Avent est de se préparer à la naissance de Jésus en ce monde… oui, mais comment voulez-vous, aujourd’hui, vous préparer à un événement qui a déjà eu lieu ? Et comment se fait-il que Jésus, qui est déjà là, nous parle de sa venue future ? Voilà le paradoxe de notre foi !

En célébrant le mystère de Noël, nous rendons présent à notre vie la venue du Sauveur sur cette terre, et nous accueillons sa vie au cœur de notre vie. Nous sommes ainsi invité à découvrir comment le Christ se rend présent dans notre quotidien et comment il nous faut nous préparer à l’accueillir.

Ainsi il nous faut veiller, nous tenir prêts. Comment ? En marchant à la lumière du Seigneur, comme nous le dit Isaïe. Encore faut-il nous interroger : et moi, qu’elle est la lumière qui guide ma vie quotidienne ? Les sollicitations des publicités en tout genre qui nous font miroiter une vie meilleur ? L’écran de la télévision, de l’ordinateur ou du téléphone portable, espérant une rencontre qui viendra bouleverser ma vie ? Ou bien est-ce vraiment ce don de Dieu, cette vie, qui a été déposée en moi au jour de mon baptême, présence du Dieu trinité qui ne cesse de se révéler dans sa Parole proclamée et méditée, dans la vie sacramentelle… cette lumière derrière laquelle nous marchons, comme nous le célébrons à la Veillée Pascale. Le Christ est la lumière qui me précède et éclaire les ténèbres de ma vie. Oui, qu’elle est la lumière de ma vie ?

Debout les gars ! Réveillez-vous ! Il va falloir en mettre un coup ! C’est l’heure de sortir de notre sommeil ! « Le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière » (Rm 13,11-12) Combat contre la lassitude, la complicité avec le péché, la désespérance ou tout simplement contre la routine et le confort satisfait. Combat pour la vie. « Marchons à la lumière du Seigneur ! », « Des peuples nombreux » attendent sa parole.

Quelle est la tenue de combat qu’il nous faut revêtir ? Au dire de saint Paul lui-même, la tenue de combat est composée des « armes de la justice » (2 Co 6,7), « de la cuirasse de la foi et de l’amour, avec le casque de l’espérance du salut » (1 Th 5,8), et dans le texte de ce jour, il ajoute « revêtez le Seigneur Jésus-Christ » (Rm 13,14). L’attente du Christ est donc une attente active, un combat, il nous faut sortir de la léthargie provoquée par les ripailles, beuveries, orgies, débauches et autres décadences de notre société.

Revêtir le Christ ne signifie rien d’autre qu’il nous faut épouser sa manière de voir les personnes, les événements ; apprendre à lire les événements à la lumière de l’Évangile pour agir comme lui.

Revêtir le Christ s’est se souvenir que nous sommes choisis par le Christ pour être ses compagnons, que nous devons vivre une intimité avec lui dans la prière, que nous devons vivre un cœur à cœur dans l’oraison, l’adoration enracinée dans la lecture amoureuse de la Parole de Dieu. Oui, seules la lecture de la Parole de Dieu et l’oraison peuvent nous faire entrer dans cette intimité du Christ et nous permettre ainsi de rendre compte de l’espérance qui est en nous auprès de nos contemporains. Il nous faut veiller intérieurement pour demeurer en présence du Seigneur. Veiller à cette présence du Seigneur en nous afin de le reconnaître quand il viendra. Le discernement des signes du Royaume exige que nous devenions-nous même ces signes en nous laissant conduire par l’esprit de charité afin que nos contemporains puissent eux aussi reconnaître le Sauveur qui vient et qui nous appelle à vivre pleinement en Dieu.

Veiller, discerner les signes du Royaume, exprimer cette espérance à l’heure du passage de ce monde au Père… voilà une des missions de l’équipe d’accompagnement des familles en deuil. Par l’accueil et l’accompagnement, par la célébration, l’équipe, au nom de la communauté, au nom de l’Église, essaye de mettre en lumière les signes du Royaume à travers l’épreuve de la mort. Elle témoigne de cette espérance chrétienne. Aussi, que cette équipe se sente encouragée, soutenue par chacun d’entre nous pour accomplir cette mission confiée et que nous n’ayons pas peur de nous engager avec eux pour témoigner ensemble que la mort n’est pas la fin mais l’accomplissement de la promesse de Dieu d’être pleinement avec lui.

Que la grâce de cette Eucharistie nous offre de savoir attendre par une veille active la venue du Sauveur comme la Vierge Marie et saint Joseph ont eux-mêmes attendu la naissance du Christ. Qu’à l’exemple de la Bienheureuse Vierge Marie, nous apprenions à tourner nos regards vers l’intérieur et à garder la vigilance du cœur. Qu’à l’exemple du glorieux saint Joseph, nous sachions travailler dans le monde sans nous disperser ou nous laisser accaparer par nos activités. Demandons leurs la grâce de notre conversion véritable à l’unique nécessaire. Amen.

Homélie pour le 1er dimanche de l’Avent – année A
Envoi en mission de l’équipe d’accompagnement des familles en deuil

1 lecture: Isaïe 2,1-5; Psaume 121(122); 2 lecture: Romains 13,11-14;
Évangile: Matthieu 24,37-44

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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