Je ne sais pas si Jésus avait choisi la bonne file, celle qui avance plus vite… mais aujourd’hui, comme cela nous arrive régulièrement, Jésus fait la queue ! Il attend patiemment son tour. Il n’est pas à part. Il n’est pas au-dessus. Il est là, dans la foule de celles et ceux qui veulent se faire baptiser par Jean.
Cette scène peut nous surprendre car Jean annonce un baptême de conversion pour le pardon des péchés, or Jésus n’a pas de péché. Pourquoi désire-t-il donc se faire baptiser ?
Jésus ne se fait pas baptiser parce qu’il en a besoin, mais parce que nous, nous en avons besoin ! Il descend dans le Jourdain pour se tenir à nos côtés, pour rejoindre l’humanité là où elle est, avec ses fragilités, ses fautes, ses blessures. En faisant cela, c’est comme si Jésus nous disait : « Je suis avec vous, même là où vous n’êtes pas fier de vous. » Voilà le cœur de l’Évangile : Dieu ne se contente par de parler d’amour. En Jésus, il le vit en se rendant proche. Il n’est pas un juge sévère, mais un Sauveur humble, solidaire, proche.
Au moment où Jésus sort de l’eau, quelque chose d’extraordinaire se produit : les cieux s’ouvrent et l’Esprit descend sur Jésus comme une colombe, et la voix du Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » (Matthieu 3,17)
C’est évènement est une véritable révélation de Dieu. Dieu n’est pas solitaire. Il est communion : le Père, le Fils et l’Esprit. Cette révélation a lieu non pas dans un temple prestigieux, mais au bord d’un fleuve, au milieu de gens simples, là où Jésus s’est mêlé à la foule. Dieu se révèle dans l’humilité et la proximité. Dieu se révèle dans notre quotidien.
Mais cette parole du Père ne concerne pas seulement Jésus. Elle concerne aussi chacun de nous. Le jour de notre baptême, Dieu a prononcé sur nous cette même parole : « Tu es mon fils bien-aimé, tu es ma fille bien-aimée, en toi je trouve ma joie. »
Peut-être avons-nous oublié cette parole. Peut-être que la vie, les épreuves, les échecs, le péché nous ont fait douter de notre valeur. Pourtant, Dieu ne retire jamais ce qu’il a donné. Notre baptême n’est pas un simple évènement, un simple souvenir d’enfance ou une tradition familiale. Il nous donne une identité vivante. Il est une source de vie qui continue de jaillir aujourd’hui.
Dans notre société contemporaine où nous avons l’impression qu’il faut sans cesse prouver notre valeur par notre travail, par notre utilité à la société, par l’image que nous donnons… le baptême nous rappelle cette vérité fondamentale : Dieu nous aime depuis l’instant même de notre conception !
Après cet évènement du baptême, Jésus ne reste pas sur les bords du Jourdain. Il part sur les routes. Il rencontre, il relève, il pardonne, il soigne. Le baptême de Jésus est le commencement de sa mission publique. Comme l’annonce le prophète Isaïe, il vient ouvrir les yeux des aveugles, relever ceux qui sont courbés, apporte la lumière à ceux qui sont dans les ténèbres.
Il en est de même pour nous. Notre baptême n’est pas seulement une grâce reçue, mais un appel. Nous sommes baptisés pour vivre autrement, pour porter autour de nous la lumière du Christ, pour être témoin de l’amour de Dieu là où nous vivons par des gestes simples de justice, de pardon, de fraternité.
En cette fête du baptême du Seigneur, demandons la grâce de redécouvrir la beauté de notre propre baptême. Demandons au Seigneur de nous aider à croire, au plus profond de nous-mêmes, que nous sommes vraiment ses enfants bien-aimés, et à vivre chaque jour en témoin de cet amour. Amen.


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