Si nous partions faire un peu d’évangélisation de rue en posant, aux personnes rencontrées, la question suivante : « Comment définissez-vous un chrétien ? », je ne suis pas sûr que nous ayons la réponse faite par Jésus : « Vous êtes le sel de la terre (…) vous êtes la lumière du monde. » (Matthieu 5,13.14) Jésus ne dit pas : « vous devriez être » ou « un jour, vous serez » mais qu’il affirme : « vous êtes ». C’est donc un fait : Jésus nous donne une identité. Mais qu’est-ce que cela signifie ?
Commençons par le sel. Le sel, au temps de Jésus, est un bien précieux. On l’utilise pour donner du goût aux aliments mais aussi pour les conserver et les protéger de la corruption. Pour être efficace, le sel doit se mêler à ce qu’il assaisonne.
N’est-ce pas là une belle image de notre mission ? Nous sommes appelés à nous mêler au monde, à être présents dans toutes les réalités humaines : au travail, dans nos familles, dans la vie de la cité, pour y apporter la saveur de l’Évangile. Le sel qui reste dans la salière ne sert à rien ! Si nous restons entre chrétiens, dans notre confort, nous devenons ce sel insipide bon à être jeté dehors.
Le sel préserve aussi de la corruption. Dans un monde marqué par l’indifférence, l’égoïsme ou l’injustice, nous sommes appelés à être ces grains de sel qui empêchent la société de pourrir. Par notre intégrité, notre honnêteté, notre refus de la médiocrité morale, nous exerçons cette mission de préservation.
Poursuivons avec la lumière ! C’est le prophète Isaïe qui nous éclaire sur cette lumière ! Ce n’est pas d’abord une question de grandes paroles ou de belles théories. La vraie lumière jaillit quand nous partageons notre pain avec celui qui a faim, quand nous accueillons les pauvres, quand nous vêtons celui qui est nu, quand nous prenons soin de celui qui souffre. C’est dans ces gestes concrets, parfois humble et cachés, que notre lumière brille véritablement.
Il est facile de garder notre foi sous le boisseau, de la vivre discrètement, presque secrètement, sans déranger. Mais Jésus nous appelle à placer notre lampe sur le lampadaire. Non pas pour nous glorifier nous-mêmes, mais pour que les hommes voient nos bonnes œuvres et rendent gloire à Dieu.
Saint Paul nous rappelle que cette lumière ne vient pas vient pas de notre propre sagesse ou de notre propre force. Lui-même témoignait dans la faiblesse, la crainte et le tremblement. C’est par cette fragilité que la puissance de Dieu se manifeste. Notre témoignage ne repose pas sur l’éloquence mais sur l’Esprit et la puissance de Dieu.
Alors comment faire briller notre lumière et donner de la saveur au monde cette semaine ? Peut-être en tendant la main à celui que l’on ignore ? En partageant notre pain, notre temps, notre écoute, notre présence ? En ayant le courage de vivre nos convictions chrétiennes au travail, en famille, dans le quartier ? En apportant une parole de vérité là où règne le mensonge, un geste de paix là où domine la division ?
Le monde a tant besoin de sel et de lumière ! Il a besoin de chrétiens qui ne se contentent pas de fréquenter l’église uniquement le dimanche, mais qui incarnent l’Évangile dans leur vie quotidienne. Des chrétiens dont la bonté, la générosité, la miséricorde donnent envie de connaître le Christ qu’ils suivent.
Que cette Eucharistie ravive en nous la flamme de notre baptême. Que le Christ, lumière du monde, fasse de nous des porteurs de sa lumière et le sel de son amour partout où nous irons. Amen.


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