Vacances ou repos ? Ce que Jésus nous propose vraiment

Homélie pour le quatorzième dimanche ordinaire A

C’est le début de l’été, la période des grandes vacances. À cette époque de l’année, nous rêvons de repos, de détente, d’un temps de pause. Nous avons porté sur nos épaules le poids d’une année scolaire, d’une année de travail, les soucis familiaux et personnels, les inquiétudes pour nos proches. Tout cela, nous avons besoin de le déposer. Le repos est donc nécessaire et même bienvenu.

Même Jésus nous parle de repos dans l’Évangile. Mais je ne suis pas certain qu’il nous parle de vacances ! En effet, il nous dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » (Matthieu 11,28) Et il continue : « Prenez sur vous mon joug […] Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger. » (Matthieu 11,29-30) Le repos que Jésus nous propose n’est donc pas une parenthèse sans effort. Le fardeau reste là. La charge ne disparait pas. Alors, que signifie ce repos auquel Jésus nous invite ?

En premier lieu, Jésus commence par une prière de louange : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » (Matthieu 11,25) Il remercie son Père et en même temps, il nous révèle que ce que Dieu donne ne se saisit pas par l’intelligence seule. Cela se reçoit comme un don gratuit, une grâce. Ce n’est qu’après cela qu’il nous invite à venir à lui pour trouver le repos.

Ce repos n’a rien à voir avec l’oisiveté ou le laisser-aller. Il naît d’une relation vivante avec le Christ. Jésus nous le signifie clairement quand il nous invite à prendre sur nous son joug.

Un joug est une lourde barre de bois qui unit deux animaux de trait, des bœufs par exemple, pour leur permettre de tirer ensemble une charge. Il n’est jamais conçu pour un animal seul. Il faut être deux pour le porter. Quand l’un faiblit, l’autre porte un peu plus sans qu’on ait besoin de le lui demander. Le joug repartit l’effort. Voilà pourquoi le joug de Jésus est facile à porter : nous ne sommes pas seul, Jésus le porte avec nous.

Ce repos touche le cœur, l’intimité la plus profonde de notre être. Il ne supprime pas les difficultés, mais il transforme notre relation à ces difficultés. Nous n’y sommes pas seul, Jésus marche avec nous.

Ce repos, annoncé par le prophète Zacharie, est « la paix aux nations » (Zacharie 9,10). Cette paix n’est pas une simple absence de conflit, mais une entrée dans le règne du Christ, un règne humble et victorieux, qui brise le cycle de la violence et ouvre l’espace d’une vie réconciliée.

Saint Paul, lui, situe ce repos sur un plan intérieur et spirituel. Dans le Christ, la vie n’est plus une performance à accomplir, mais un don à recevoir. L’Esprit Saint habite ceux qui appartiennent au Christ, et cet Esprit oriente notre vie : « si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous […] il donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » (Romains 8,11) Le repos chrétien est lié à cette vie nouvelle qui réoriente nos choix et nous libère du poids qui nous écrase.

Ainsi pour trouver ce repos, selon le Christ, il nous faut : vivre à la lumière de l’Évangile ; nous laisser guider par le souffle de l’Esprit Saint ; rythme notre vie de rencontres régulières avec le Christ par la prière, les sacrements, la lecture de la Parole de Dieu…

Ce repos rend à la personne sa dignité et remet chacun à sa juste place dans sa relation à Dieu et au monde. Il n’est pas seulement une pause mais une libération intérieure. C’est le sens premier du sabbat et pour nous chrétiens du dimanche : ce jour offert, par Dieu, pour nous recentrer et nous laisser recréer par Lui.

Alors puissions-nous profiter de ce temps de repos et de vacances, pour retrouver la joie de nous reposer avec le Christ ! Que ce temps de l’été soit un temps de rencontre plus intense avec Lui. Amen.


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