Suivre l’étoile : quand les mages nous montrent le chemin

En ce jour de l’Épiphanie, qui signifie « Dieu se révèle », nous entendons le récit de la naissance de Jésus telle que saint Matthieu la raconte dans son Évangile. Il nous raconte cette histoire avec « des mages venus d’Orient » (Matthieu 2,1) qui viennent rencontrer un nouveau-né. Nous pouvons imaginer la scène : des savants, des hommes instruits, respectés dans leur pays, qui quittent tout pour suivre une étoile. Certains de leurs compatriotes ont pu s’écrier : « Ils sont fous ces mages ! »

Comme les mages en Galilée, nous sommes invités à suivre l’étoile ! Avec eux, mettons-nous en route car ils nous ressemblent plus que nous ne le croyons ! 

Comme nous, les mages avaient certainement leurs habitudes, leurs routines, leur vie bien organisée… mais face à un signe qui n’est pas ordinaire, quelque chose en eux se réveille. Une étoile a brillé dans leur ciel, et cette lumière a éveillé en eux une soif, un désir profond : celui de trouver quelque chose de plus grand, quelqu’un de plus grand.

Et nous ? Quelle étoile suivons-nous ? Qu’est-ce qui guide nos pas au quotidien ? Dans le tourbillon de nos journées, entre le travail, les courses, les factures à payer, les enfants ou les petits-enfants à gérer, on oublie de lever les yeux vers le ciel. On oublie de chercher cette étoile qui donne un sens à tout le reste.

Les mages nous enseignent donc une première chose : oser lever les yeux. Oser se demander : « Quel est le but de ma vie ? Quel est mon objectif ? »

Nous l’avons entendu : les mages ne se sont pas contentés d’admirer l’étoile de loin. Ils ne sont pas restés chez eux en se disant : « Ah, comme c’est beau ! » Non ! Ils ont pris leur bâton, ils ont préparé leurs bagages, et ils se sont mis en route. Ils ont quitté leur confort.

Les mages nous enseignent une deuxième chose : la foi est un chemin. Elle ne se vit pas dans un canapé ! Croire en Dieu, ce n’est pas juste venir à la messe le dimanche (même si cela est capital !). C’est accepter de se mettre en marche jour après jour. C’est accepter que Dieu nous dérange un peu, qu’il bouscule nos certitudes, qu’il nous appelle à avancer.

Ce chemin n’est pas toujours facile. Les mages ont traversé le désert, affronté le froid des nuits, la fatigue, les doutes… Ils ont dû passer par Jérusalem, demander conseil, faire face à la ruse du roi Hérode. Le chemin de la foi comporte des obstacles, des détours, des moments où l’étoile semble disparaître.

Dans notre vie, nous connaissons aussi ces moments : les épreuves, les découragements, les fois où on se demande si Dieu est vraiment là. Dans ces moments-là, il faut tenir bon ! Les mages nous montrent qu’il faut persévérer, demander conseil. L’étoile réapparait toujours pour ceux qui continuent à marcher.

Arrivé au terme de leur quête à Bethléem, ils ne trouvent ni palais, ni prince… mais dans une simple maison « l’enfant avec Marie sa mère » (Matthieu 2,11) Cela aurait pu être une énorme déception. Tout ce chemin pour ça ? Mais non ! L’Évangile nous dit qu’ils « se prosternèrent devant lui. » (Matthieu 2,11) Ils ont su reconnaître, au-delà des apparences, la présence de Dieu.

Voilà la troisième leçon de cette fête : Dieu se révèle dans la simplicité, dans l’humilité. Il ne se trouve pas forcément dans l’extraordinaire, le spectaculaire. Il est là, proche, dans le quotidien de nos vies.

Et les mages ont su s’agenouiller devant Dieu ! Savons-nous encore nous agenouiller devant lui ? Savons-nous reconnaître son humble présence dans nos vies ?

Les mages ont offert leurs présents : l’or, l’encens et la myrrhe. Et nous, qu’offrons-nous au Seigneur ? Notre temps si précieux et compté ? Notre attention, notre prière ? Nos talents au service de la communauté ? Dieu ne nous demande pas des choses extraordinaires. Il nous demande ce que nous avons, ce que nous sommes, avec nos limites et nos richesses. Il nous demande de lui ouvrir nos mains et nos cœurs.

L’Évangile se termine par ces mots : « Avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. » (Matthieu 2,12) Toute rencontre avec le Christ ne nous fait pas rentrer chez nous par le même chemin. On est transformé. On voit les choses différemment. On aime différemment. On vit différemment.

Ainsi l’Épiphanie est une invitation pour chacun de nous à accueillir la révélation de Dieu dans nos vies, à nous laisser transformer par cette rencontre, à accepter de repartir « par un autre chemin », un chemin de conversion, de foi renouvelée.

Alors à la suite des mages, levons-nous ! Mettons-nous en route, même si le chemin nous semble long. Apprenons à reconnaître Dieu dans la simplicité de nos vies. Offrons-lui le meilleur de nous-mêmes. Et acceptons d’être transformés par sa rencontre.

Que cette nouvelle année soit pour nous tous une année de marche joyeuse vers le Christ, lumière de nos vies. Amen.


Je laisse un commentaire: