« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. » (Isaïe 9,1) Cette parole du prophète Isaïe résonne avec une force particulière aujourd’hui. Cette parole ne parle pas d’un peuple immobile, enfermé dans la nuit, mais d’un peuple qui marche, parfois à tâtons, parfois fatigué. La nuit, dans la bible et donc dans nos vies, est synonyme de mal ou de péché mais aussi de découragement, de peurs, d’incertitudes, de divisions. C’est au cœur de cette nuit que Dieu fait lever une lumière.
Cette lumière n’est pas une idée, ni une théorie. C’est une personne : le Christ, le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu.
En ce dimanche, voulu par le pape François comme le Dimanche de la Parole de Dieu, l’Église nous rappelle quelque chose de très simple et d’essentiel : Dieu n’est pas silencieux. Il parle. Et quand Dieu parle, quelque chose commence.
Dans l’Évangile, Jésus commence sa mission non pas à Jérusalem, dans les lieux religieux importants, mais en Galilée, au bord d’un lac, dans la vie ordinaire. Et il commence par une Parole : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. » (Matthieu 4,17) Avant d’agir, avant de guérir, avant d’appeler, Jésus annonce. Tout part de la Parole. Et la Parole de Dieu n’est jamais neutre, elle ne nous laisse jamais indifférents. Elle nous appelle à changer, à nous transformer.
Ensuite, il regard ces hommes au travail, des pêcheurs occupés à leurs filets, et il leur dit simplement : « Venez à ma suite. » (Matthieu 4,19) Sans savoir où cela va les mener, « aussitôt » ils laissent leurs filets. Ils n’ont pas attendu d’avoir tout compris mais ils ont entendu une Parole qui a touché leur cœur.
La foi naît de l’écoute. Suivre le Christ commence toujours par l’accueil d’une Parole. Cette Parole, il faut d’abord la recevoir, la ruminer, la laisser nous transformer. Les disciples ont d’abord marché avec Jésus, écouté son enseignement avant d’être envoyé en mission.
Cette Parole n’est pas un texte du passé que l’on écouterait par habitude. « Elle est vivante, la Parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants » (Hébreux 4,12) Et elle nous est adressée aujourd’hui. En ce dimanche de la Parole de Dieu, nous sommes invités à nous demander quelle place cette Parole a dans notre vie. Est-ce qu’elle reste confinée au temps de la messe ? Ou bien est-ce que je lui laisse possibilité de m’interroger, de m’orienter, de me convertir ?
Saint Paul, dans sa lettre aux Corinthiens, nous rappelle aussi que quand la Parole de Dieu n’est plus au centre, les divisions apparaissent. Chacun suit sa propre parole, ses préférences, ses sensibilités. Et Paul pose cette question décapante : « Le Christ est-il donc divisé ? » (1 Corinthiens 1,13) Se rassembler autour de la Parole de Dieu c’est accepter qu’elle soit plus grande que nous, qu’elle nous unisse, qu’elle nous décentre.
Aujourd’hui encore, le Christ passe au bord du lac de nos vies. Il nous parle. Il nous appelle. Il nous invite à le suivre en laissant sa Parole éclairer nos choix, nos relations, notre manière de vivre. Comme le disait saint Jérôme : « Ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ. » Comment pourrions-nous suivre celui que nous ne connaissons pas ?
Aujourd’hui, cette même Parole retentit pour chacun de nous. Elle veut éclairer nos ténèbres, appeler à la conversion, transformer nos vies, nous unir autour du Christ. Laissons-nous toucher par cette Parole vivante. Elle est esprit et vie. Elle est Jésus lui-même qui nous parle, nous appelle, nous envoie.
A ces mots de Jésus : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »(Matthieu 4,4) demandons-nous comment la Parole de Dieu nourrit notre vie ? ou comment pourrait-elle nourrir notre vie ? Comment ma Bible est-elle mon fidèle compagnon de voyage ? Amen.


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