« Je ne vous laisserai pas orphelins »

Cette semaine, vous avez le droit à deux homélies différentes: celle de la messe du samedi soir et celle de la messe des Premières Communions. Cliquez simplement sur le titre de celle que vous souhaitez lire ou relire.

Le passage d’Évangile que nous venons d’entendre est la suite de celui de la semaine passée. Nous sommes donc toujours à la veille de la Passion de Jésus. Les disciples vont bientôt faire l’expérience de l’absence. Voilà pourquoi Jésus leurs dit : « Je ne vous laisserai pas orphelins. » (Jean 14,18)

Cette parole est peut-être une des plus consolante de l’Évangile. Il existe beaucoup de manière de se sentir orphelin : lorsqu’on traverse une épreuve, lorsque l’on perd quelqu’un, lorsqu’on se sent incompris, lorsqu’on a l’impression que Dieu reste silencieux, ou encore quand notre monde semple manquer de repères et d’espérance.

Jésus ne promet pas une vie sans difficultés. Il promet sa présence : « Je ne vous laisserai pas orphelins. »

Pourtant, nous le savons, la présence de Jésus n’est plus la même depuis la Résurrection. Il est maintenant présence discrète, intérieure, mystérieuse. Et cela peut nous dérouter. Nous aimerions des preuves éclatantes, des signes évidents. Mais il choisit souvent la discrétion pour nous signaler sa présence : une parole de l’Écriture qui nous touche, une paix retrouvée dans la prière, une personne envoyée au bon moment, un pardon donné ou reçu… Le Ressuscité est là !

Jésus nous dit aussi : « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime. » (Jean 14,21) Jésus ne parle pas ici d’une obéissance forcée ou d’une religion de contraintes. Il parle de la logique de l’amour.

Quand on aime quelqu’un, on cherche naturellement à ajuster sa vie à cette relation. La foi chrétienne n’est pas d’abord une liste de règles ; elle est une réponse à un amour reçu. Cette réponse est un chemin exigeant mais profondément beau car c’est celui d’un chemin de vie qui conduit à une existence plus libre et plus vraie.

Et Jésus sait que, seuls, nous n’y arriverons pas. C’est pour cela qu’il nous dit : « je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité. » (Jean 14,16)

Cela nous place déjà dans la perspective de la Pentecôte et à un nouvel accueil du don de l’Esprit Saint. Celui-ci n’est pas réservé à quelques privilégiés. Il est donné à tous les baptisés. Il agit souvent humblement, silencieusement.

Le temps pascal nous apprend à reconnaitre la présence du Christ autrement. Le Seigneur ressuscité n’est pas absent. Il demeure au milieu de son peuple. Aujourd’hui encore, il nous redit : « Je ne vous laisserai pas orphelins. » (Jean 14,18) Que cette parole devienne pour chacun de nous une source de paix, de confiance et d’espérance. Amen.

Aujourd’hui, nous sommes dans la joie. Plusieurs d’entre nous vont recevoir pour la première fois le Corps du Christ. Cette célébration des premières communions éclaire les paroles de Jésus que nous venons d’entendre.

Dans l’Évangile, Jésus nous dit : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. » (Jean 14,15) et il ajoute, presque aussitôt : « Je ne vous laisserai pas orphelins » (Jean 14,18). Ces paroles, les enfants qui communient aujourd’hui vont les vivre d’une manière toute particulière. Dans l’Eucharistie, Jésus ne reste pas loin de nous. Il vient en nous. Il se donne. Il demeure avec nous.

Oui, dans la communion Jésus ressuscité vient réellement habiter le cœur de ses disciples. Et cela transforme notre vie. Nous avons tous besoin de savoir que nous ne sommes pas seuls. Au milieu des disputes, des peurs, des difficultés, des inquiétudes familiales, ou quand on se sent incompris, il bon d’entendre Jésus nous dire : « Je ne vous laisserai pas orphelins. ». L’Eucharistie est précisément cette présence fidèle du Chris au milieu de nous.

Mais Jésus a dit aussi : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. » (Jean 14,15) Cela veut dire que la communion ne s’arrête pas au moment où l’on reçoit l’hostie. Communier, c’est apprendre peu à peu à vivre comme Jésus : apprendre à pardonner, apprendre à partager, apprendre à dire la vérité, apprendre à aimer même quand c’est difficile.

Aujourd’hui, les enfants font un pas important. Mais en réalité, c’est nous tous qui sommes concernés. La première communion des enfants est aussi un rappel pour chacun de nous : est-ce que je laisse encore Jésus habiter ma vie ? Est-ce que l’Eucharistie nourrit vraiment ma manière de vivre ? Est-ce que je viens rencontrer Jésus avec un cœur ouvert ? On peut accueillir Jésus qu’avec simplicité.

Enfin, Jésus promet l’Esprit Saint, le Défenseur. Car aimer comme Jésus, ce n’est pas toujours facile. Être chrétien dans notre monde demande du courage. Mais Dieu ne nous demande jamais quelque chose sans nous donner sa force.

L’Esprit Saint agit discrètement dans la prière, la paix du cœur, un geste de bonté, le désir de faire du bien. Aujourd’hui, nous pouvons demander les uns pour les autres une grâce toute simple : que nos cœurs restent toujours ouverts à Jésus.

Demandons, pour celles et ceux qui font leur première communion aujourd’hui, qu’ils découvrent, au fil des années, que la communion n’est pas seulement un beau jour de l’enfance, mais une rencontre vivante qui peut soutenir toute une vie.

Et demandons aussi pour nous-mêmes de retrouver l’émerveillement de ce mystère : le Christ ressuscité vient demeurer en nous pour que nous apprenions à aimer comme lui. Amen.


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