Depuis lundi dernier, nous sommes entrés dans le Temps Ordinaire. Cela ne signifie pas que nous sommes entrés dans un temps banal, sans importance. Le mot « ordinaire » vient du latin ordo, qui signifie l’ordre, le déroulement habituel des choses. Pendant ce temps liturgique, l’Église nous fait parcourir, pas à pas, la vie publique de Jésus : ses paroles, ses miracles, ses rencontres, son enseignement et l’appel qu’il adresse à chacun pour devenir disciple.
Ce temps est ainsi le temps de la croissance spirituelle et de la fidélité au quotidien. Après les grandes fêtes qui nous font célébrer le mystère du Salut, il nous invite à vivre concrètement la grâce de notre baptême dans notre vie quotidienne. Or, au jour de notre baptême, nous avons été baptisés « au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit ». Nous avons été plongés dans la vie trinitaire de Dieu. Et cette vie, nous l’accueillons à chaque fois que nous traçons sur nous le signe de croix.
En nous invitant à célébrer de façon particulière la Sainte Trinité, c’est précisément cette vie que l’Église nous invite à contempler. En effet, il ne s’agit pas de résoudre l’énigme du « trois en un » mais bien d’accueillir la fin qui jaillit du cœur de Dieu.
Les textes de ce dimanche nous montrent ce jaillissement de vie. Dans l’Exode, Moïse nous dit que le Seigneur, est un « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. » (Exode 34,6) Dans l’Évangile, saint Jean écrit que « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » (Jean 3,17)
Voilà une première vérité sur Dieu Trinité : il n’est pas un Dieu lointain, froid et distant, qui nous jugerait du haut de son trône. Il est un Dieu d’amour qui entre en relation. C’est aussi ce que nous dit saint Paul, quand il conclue sa seconde lettre aux Corinthiens : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous. » (2 Corinthiens 13,13)
Par cette formule, Paul nous dévoile que la Trinité n’est pas uniquement un objet de contemplation. Il décrit la vie même de Dieu qui veut habiter la vie des croyants.
Dans la Trinité, le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont parfaitement unis. Chacune des personnes est pleinement elle-même, et pourtant chacune est tournée vers les autres dans un mouvement incessant de don et d’accueil. Il n’y a ni rivalité, ni domination, ni repli sur soi. Tout est relation, tout est amour.
Or nous sommes créés à l’image de Dieu. Cela donc que nous trouverons notre accomplissement dans la communion. L’être humain est fait pour aimer et être aimé. Il est fait pour vivre en relation.
Ces relations grandissent quand nous apprenons à écouter, à servir, à pardonner et à accueillir les différences des autres. Ceci au cœur de nos familles comme de nos communautés ecclésiales. Une paroisse n’est pas un ensemble d’églises au cœur de chaque village, elle est une communion de personnes, une famille de croyants appelés à rendre visible l’amour de Dieu.
La communion n’efface pas les différences. Dans la Sainte Trinité, les Personnes sont distinctes et pourtant parfaitement unies. De même, dans l’Église, chacun à sa place, ses talents et sa sensibilité. L’unité ne consiste pas à être tous semblables, mais à apprendre à vivre ensemble dans la charité.
Voilà où est le chemin de notre croissance spirituelle et notre fidélité à vivre dans l’ordinaire des jours. Alors, pour reprendre les mots de saint Paul : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous. » (2 Corinthiens 13,13) Amen.


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