Foi, espérance et charité: le pouvoir d’aimer

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Dans la prière d’ouverture de cette messe, nous avons demandé à Dieu : « Augmente en nous la foi, l’espérance et la charité » et « fais-nous aimer ce que tu commandes. » Cette prière nous donne le fil de la Parole de Dieu de ce jour : l’amour est bien le grand commandement, mais nous avons besoin que Dieu le fasse grandir en nous. Aimer ne va pas toujours de soi. Il faut apprendre à aimer, et nous avons besoin de la grâce de Dieu pour que cet amour prenne corps dans nos vies.

Dans l’Évangile, un docteur de la loi demande à Jésus : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » (Matthieu 22,36) Jésus lui répond en unissant deux commandements : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Matthieu 22,37-39) Il ne donne pas deux chemins séparés. L’amour de Dieu ne nous détourne pas de nos frères ; il nous apprend à les regarder autrement. Et l’amour du prochain n’est pas un supplément facultatif : il donne à notre amour de Dieu une forme concrète.

La première lecture nous montre à quoi ressemble cet amour lorsqu’il s’incarne dans la vie quotidienne. Dieu demande de ne pas opprimer l’étranger, de ne pas maltraiter la veuve et l’orphelin, de ne pas profiter de la pauvreté de son frère. Il rappelle au peuple qu’il a lui-même été étranger en Égypte. C’est comme si Dieu disait : « Souviens-toi de ce que tu as vécu ; ne fais pas subir à un autre ce que tu as connu. » L’amour commence parfois par cette mémoire qui rend attentif : je sais ce que c’est d’être fragile, dépendant, oublié ; alors je ne peux pas traiter avec indifférence celui qui l’est aujourd’hui.

La foi, l’espérance et la charité, vertus théologales données au baptême, nous aident à vivre ce commandement. La foi nous tourne vers Dieu et nous apprend à accueillir sa parole, même lorsque la vie est difficile. Saint Paul, dans la deuxième lecture, se réjouit de voir les Thessaloniciens l’accueillir au milieu des épreuves et de se détourner des idoles pour servir le Dieu vivant. Les idoles ne sont pas seulement des statues. Tout ce qui prend la place de Dieu et finit par commander nos choix peut devenir une idole : l’argent, la réussite, le confort, ou le besoin d’avoir raison… La foi nous rend libre de ne pas leur obéir.

L’espérance, elle, nous fait attendre le Christ. Les Thessaloniciens attendent le Fils que Dieu a ressuscité. Cette attente n’est pas une fuite hors du monde : elle nous empêche de nous résigner au mal et de croire que rien ne peut changer. Puisque nous attendons le Seigneur, nous pouvons continuer à faire le bien, même lorsque nos gestes semblent petits et que nous n’en voyons pas immédiatement le fruit.

Et la charité rend visibles la foi et l’espérance. Elle nous conduit à regarder autour de nous : qui est aujourd’hui l’étranger, la personne isolée, le pauvre, celui dont la dignité est blessée ? Qui attend une écoute, une visite, un geste de solidarité, une parole qui relève ? Dans l’Évangile, Jésus ne nous laisse pas réduire l’amour à de beaux sentiments : il le place au cœur de toute la Loi et des Prophètes.

Alors, en reprenant la prière de l’Église, demandons au Seigneur de faire grandir en nous ces trois vertus : la foi, pour accueillir sa Parole ; l’espérance, pour marcher vers lui sans nous décourager ; et la charité, pour aimer concrètement ceux qu’il met sur notre route. Et cette semaine, posons-nous une question toute simple : qui ai-je besoin de mieux voir, d’écouter ou de soutenir pour que mon amour de Dieu devienne concret ? Amen.


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