Aujourd’hui, nous avons plus l’habitude de recevoir un SMS ou un mail ou de faire une visio… Mais recevoir une lettre, une vraie lettre dans une enveloppe timbrée et qui arrive avec le courrier, de quelqu’un que l’on aime, cela nous fait toujours plaisir.
Dans la deuxième lecture, nous avons entendu le début d’une lettre. Elle a été écrite par saint Paul à des chrétiens qui vivaient dans une ville de Grèce, Thessalonique. Elle a presque deux mille ans.
Paul a quitté cette ville et les chrétiens qui y vivaient, pour aller annoncer l’Évangile ailleurs. Il leurs écrit car il a appris qu’ils sont en difficultés. Il veut les encourager, les réconforter. Qu’écrit-on en premier dans une lettre où l’on veut réconforter quelqu’un que l’on aime bien et qui est loin ? Des conseils ? Des reproches ? Des nouvelles de soi ?
Figurez-vous que Paul commence simplement par dire : merci. Il écrit : « Nous rendons grâce à Dieu au sujet de vous tous, en faisant mémoire de vous dans nos prières. » (1Th 1,2)
Rendre grâce est une vieille expression pour dire « merci ». Paul dit merci à Dieu pour cette communauté chrétienne. Il ne dit pas simplement « merci à vous » mais : « Merci à Dieu pour ce que vous êtes. »
Et il explique pourquoi il dit merci. C’est pour trois choses précises que les Thessaloniciens vivent chaque jour : leur foi, leur amour et leur espérance.
Paul commence par rendre grâce pour leur foi car cette foi n’est pas une idée. Elle agit, elle leur permet de faire des choses. Une foi qui agit, c’est par exemple venir à la messe même quand on n’en a pas envie, c’est prier pour quelqu’un qui est malade…
Ensuite, Paul remercie pour leur amour qui se fatigue. Aimer, ce n’est pas toujours facile. Les Thessaloniciens se donnent de la peine pour cela, et Paul le voit. Un amour qui se fatigue, c’est papa et maman qui se lève la nuit pour me soigner quand je suis malade, c’est quelqu’un qui garde un parent âgé, c’est un enfant qui aide un camarade en difficulté alors qu’il aurait préféré jouer…
Enfin, Paul fait monter son action de grâce pour leur espérance qui tient bon. Même quand ça ne va pas, ils ne lâchent pas. Une espérance qui tient bon, c’est celui qui, devant une difficulté, dit : « On va y arriver, on ne va pas rester comme ça. »
Paul a su voir toutes ces petites choses que l’on ne voit pas au premier regard. Il rend grâce pour tout cela. Non seulement il dit merci aux Thessaloniciens, mais il en fait aussi l’objet de sa prière à Dieu.
Que retenir de ce que nous dit Paul ?
Premièrement : apprendre à dire merci avant tout le reste. Avant de corriger, de demander, de nous plaindre, nous pouvons commencer par regarder ce qui est bien chez l’autre. Vous verrez comme l’ambiance, dans la famille ou dans le groupe, va changer.
Deuxièmement : dire merci pour des choses précises, des choses que l’on a vues. Cela rend le merci vrai.
Troisièmement : adresser aussi ce merci à Dieu. Paul ne dit pas seulement merci aux Thessaloniciens, il remercie également Dieu pour eux. Paul sait que ce qu’ils vivent de beau, ils ne le font pas tout seuls. Ils le vivent avec la grâce de Dieu.
Et pourquoi sommes-nous réunis en ce dimanche matin ? Pour dire merci, rendre grâce à Dieu. En grec, cela se dit : eucharistie ! La messe est un grand merci à Dieu que nous disons tous ensemble.
Au cours de la messe, comme Paul, nous disons merci pour des choses précises : pour le pain que des mains ont préparé, pour le vin, pour la semaine qui vient de passer, avec ses joies et ses difficultés. Nous posons tout cela sur l’autel, et nous le confions à Dieu.
Cette semaine, je vous propose donc un défi : écrire un mot de merci à quelqu’un. Un vrai mot, avec une phrase précise. J’écris à une grand-mère, à un voisin, à un enseignant, à un ami… et en même temps, je dis merci à Dieu pour cette personne. Vous verrez, cela fait autant de bien à celui qui reçoit qu’à celui qui écrit.
Pour terminer, je reprends les mots de Paul et je les adresse à chacun d’entre vous : « Je rends grâce à Dieu au sujet de vous tous, en faisant mémoire de vous dans mes prières. » (Cf. 1 Thessaloniciens 1,2) Amen.


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